LES SPECTACLES

Malediction

Au Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses

Duda Paiva mêle danse, marionnette et multimédia dans un univers fantasmatique.

Inspiré de l’histoire du Magicien d’Oz, Malediction n’a rien de ces comédies musicales américaines en technicolor. Entre visions fantasmatico-fantaisistes et distorsions grotesques, le spectacle de Duda Paiva, créé en 2008, explore l’univers trouble de nos vies intérieures. Entre Duda Paiva et son comparse Javier Murrugarren qui se partagent la scène, le personnage principal est une marionnette de grande taille à l’apparence pour le moins étrange, voire monstrueuse. La sorcière verte, rejetée pour sa couleur de peau et obsédée par les souliers rouges de Dorothée. Mais, derrière la repoussante créature, se cachent les aspects peu reluisants de nos relations, voire de nos pulsions, humaines : la compétition, la méfiance, l’envie.



La pièce narre en effet l’histoire de deux médecins, qui, tout à l’opération du personnage, dissèquent leur propre relation faite de rivalité, d’amitié et d’amour. Sur scène, deux hommes en blanc autour d’une table de dissection, scalpels à la main et prêts à soulever le drap… Un toussotement rauque se fait entendre et les voici nez-à-nez avec un monstre vert du ventre duquel ils extirpent une paire de souliers rouges : la bête n’a pas de cœur mais cela ne l’empêche pas de prendre vie.
Grâce à la fluidité des mains de Duda Paiva (et d’André Mello), et de ses variations vocales, le personnage verdâtre s’anime. Les marionnettistes écartèlent le corps de mousse pour y greffer une tête de bichon frisé. Ils lui prêtent ensuite leurs jambes, leurs dos, leurs corps pour donner vie à toutes sortes d’aliens inspirés des contes de fées tels le Prince Grenouille, le Petit Chaperon Rouge ou même King-Kong. Et toujours sur l’air d’Over the rainbow !


Durée prévue : 1h10 | compagnie : Duda Paiva company | création danse et marionnettes : Duda Paiva | création chorégraphie : Paul Selwyn Norton | danse, marionnettes : Javier Murrugarren ou Ederson R Xavier | dramaturgie : Nienke Rooijakkers | régie : Neville Tranter | lumière, décor : Hans C. Boer | conseil images et vidéo : Marloeke van de Vlugt | musique : Erikk Mckenzie | marionnettes : Duda Paiva, Andre Mello | costumes : Atty Kingma | équipe technique : Mark Verhoef, Hans C Boer | assistante de production Marijana Mikolcic.
Production : Prisca Maas, coproduction : Agder Teater, Kristiansand (NO), CaDance festival 2008, Laswerk et avec le support financier de NFPK+, VSB Fonds, Prins Bernhard Cultuur Fonds, SNS Reaal Fonds.

Le 19 novembre à 20h30

Dans l’œil du judas

A l’Espace cirque d’Antony

Les mécanismes du racisme ordinaire sous la loupe du Théâtre du Rugissant.



Présenté sous le chapiteau nomade du Théâtre du Rugissant, Dans l’œil du judas se tient à la croisée du théâtre musical, de la marionnette et de l’univers forain. Prise dans les rais d’une machinerie compliquée en forme d’œil, une façade en coupe laisse voir les différents logements de l’immeuble au bord de la ruine où Giacomo a grandi. Au moment de rencontrer la mort, celui-ci se souvient du drame qui s’y est joué alors qu’il était tout gamin et n’a cessé depuis de hanter sa mémoire. D’un étage à l’autre, c’est toute une galerie de portraits qui se dessine. Personnages plus ou moins sympathiques mais somme toute assez ordinaires : pépé alcoolo, concierges mauvaises langues, gamins turbulents, mégères et mari jaloux…
Jusqu’à ce que l’arrivée d’un nouveau locataire vienne tout dérégler. Sa discrétion, son accent, sa détresse apparente, tout excite la curiosité malsaine des voisins, tout le désigne à la vindicte populaire. De bruits de couloirs en suspicions, guidés par quelque mauvais esprit, ils en viennent à imaginer un ignoble stratagème pour lui porter un coup fatal.
Fruit d’une écriture collective, Dans l’œil du judas est un conte sur la rumeur et le racisme ordinaire où l’on verra comment, soumis à l’effet de groupe, de braves gens peuvent se muer sans état d’âme en véritables bourreaux.

Durée prévue : 1h15 | mise en scène : Arnaud Vidal | Avec les marionnettistes : Stéphane Boireau, Laurent Cabrol, Elsa de Witte, Tamara Incekara, Cathy Chioetto | musiciens : Natacha Muet, Arnaud Vidal | régie générale : Koik | régie plateau : Damien Molon | musique : Natacha Muet | scénographie et décors : Arnaud Vidal et Stéphane Boireau | marionnettes : Steffie Bayer | costumes : Elsa de Witte | lumière : Koik | son : Francis Lopez.

Coproduction : Théâtre du Rugissant ; la Ville de Graulhet ; L’Athanor, scène national d’Albi ; L’Atelier 231, centre national des arts de la rue ; Théâtre le Passage, scène nationale de Fécamp ; Tréteaux de France, CDN/ avec le soutien de : Conseil régional Midi Pyrénées ; aide à la production dramatique DRAC midi pyrénées.

Du vendredi 19 au mardi 23 novembre | vendredi, samedi, lundi, mardi à 20h30 ; dimanche à 16h.

Ubu à l’Elysée

Au Théâtre Jean Arp de Clamart

La Charge du Rhinocéros s’inspire d’Alfred Jarry pour mieux pointer les travers de notre époque politicienne.

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Encore une preuve, s’il en était besoin, que l’œuvre d’Alfred Jarry a encore quelques beaux jours devant elle ! Ubu à l’Elysée, comme son titre l’indique, narre les nouvelles aventures de l’ambitieux « merdreux » à la cornegidouille. Le fameux Père Ubu qui troque ici la Pologne et la Hongrie pour devenir président de la France, s’acheter une Rolex et déclarer la guerre à la Suisse. S’appuyant sur la riche tradition des marionnettes liégeoises et bruxelloises, Ivan Fox et Claude Semal n’y vont pas avec le dos de la cuiller. Normal, leur compagnie ne s’appelle-t-elle pas la Charge du Rhinocéros ?
Autour d’Ubu, toute une galerie de portraits dignes des plus féroces caricaturistes : Marla Caroni, princesse de Bologne, le fidèle second, Brise-Couille Portefeux, ministre de l’ADN et des charters et bien sûr le ministre des Bonnes Affaires étrangères, le célèbre docteur Kouchparter ! L’impertinence des marionnettes est décidément sans limite.

Durée prévue : 1h20 | compagnie La Charge du Rhinocéros | texte et musique : Claude Semal | mise en scène : Laurence Warin | avec Ivan Fox et Claude Semal | marionnettes : Ivan Fox | gravures sur bois : Roby Comblain | musique : Frank Wuyst | costumes : Fabienne Damiean.

Coproduction : Theatre le Public/ Theatre du Chien Ecrasé/ça t’as vu ! / l Charge du Rhinocéros.

Du mardi 23 au jeudi 25 novembre | mardi et mercredi à 20h30 ; jeudi à 19h30.

Braquage

Au Théâtre Firmin Gémier

Bidouille en tout genre et vraies trouvailles pour un casse de haute voltige.



Le casse du siècle, mode d’emploi : tel est en gros le propos de Braquage. Inspirée du film de genre, la compagnie Bakélite, qui signe avec Braquage son deuxième spectacle, oppose joliment la bidouille aux effets spéciaux. Avec un art consommé du détournement d’objets et de la récup’, Olivier Rannou transforme, bricole et invente avec les moyens du bord et beaucoup d’humour une manière insolite de nous faire vivre en direct les étapes incontournables d’un braquage. Rendez-vous secret, course poursuite, pression mafieuse, escalade vertigineuse, compte à rebours et rondes de garde… Tous ingrédients dignes des meilleurs policiers !

Durée : 50’ | compagnie : Bakélite | mise en scène, jeu et bidouille | Olivier Rannou | aide à la mise en scène : Christian Carrignon, Christine Le Berre, Julien Mellano, Gaëlle Héraut | scénario et regard extérieur : Arnaud Ladagnous | Jean-Luc Briand | lumière, bidouille et régie : Alain Floc’h.

Coproduction : ThéâtreLillico de Rennes, La Passerelle de Rixheim, Centre régional des arts de la marionnettes de DIves-sur-Mer. Avec le soutien du ministère de la culture et de la communication - Drac de Bretagne (aide à la production), le conseil régional de Bretagne, la ville de Rennes. Ce spectacle a bénéficié d’une aide à la résidence de création soutenue par le ministère de la Culture et de la communication - Drac de Bretagne. Remerciements : MJC de Pacé/ Théâtre du Cercle - Rennes.

Lundi 6 & mardi 7 décembre à 20h30.

Crowning glory, mise en abyme d’un échec réussi

A la Maison de la musique et de la danse de Bagneux

Comment le vilain petit canard devient-il cygne ? Le pion, reine ? L’histoire d’un parcours initiatique, une traversée du miroir inspirée de Lewis Caroll et de son Alice, tout en jeu d’ombres et d’illusions ce soir et demain à la maison de la musique et de la danse à Bagneux.

Installé dans le décor d’un salon de coiffure, Crowning Glory commence sur le ton de la banalité pour basculer dans une quête fondamentale. Celle d’une femme qui retrouve à travers le miroir la petite fille qu’elle a été, les épreuves qu’elle a traversé. Et comme si c’était possible, la femme devenue coiffeuse passe de l’autre côté du miroir et raconte l’histoire de la petite fille, son histoire. L’histoire d’un pion qui peine à trouver sa place sur l’échiquier de la vie. Un pion qui voudrait devenir reine. Et l’air de ne pas y toucher, Colette Garrigan, marionnettiste anglaise installée en France, qui en impose aussi par sa présence d’actrice complètement reliée au public, déploie une extraordinaire mise en abyme pour renouer les fils des origines.




«  J’ai eu envie de parler du comment transformer les choses, dit Colette Garrigan de la compagnie Akselere. Comment changer notre façon de voir les choses, l’angle, afin de se métamorphoser, enfin de laisser le vilain petit canard devenir cygne, ou plutôt laisser le pion devenir Reine.Il faut aller de l’autre côté du Miroir, il faut aller voir ce monde à l’envers afin de se transformer, de se réaliser et de voir le monde à travers nos propres yeux et non pas à travers les yeux de quelqu’un d’autre. »
Tout au long du spectacle Colette Garrigan passe de l’anglais au français avec une grande fluidité, comme elle passe d’un personnage à l’autre, sans qu’il soit besoin d’une quelconque traduction. Car plutôt que les mots, c’est par le jeu d’une manipulation très fine et d’un impressionnant théâtre d’ombres que l’artiste ouvre la boîte de pandore des traumas d’enfance. Crowning Glory a la douceur d’un baume réparateur.

Durée : 1h05 | compagnie : Akselere | texte et mise en scène : Colette Garrigan, Sylvain Diamand | sous les regards de : Joanne Foley, Sylvain Diamand et Robin Frédéric | interprétation : Colette Garrigan | scénographie : Sylvain Diamand | univers sonore : Jeff Gondek | création lumière : Laurent Filo | Régisseur : Olivier Beaudequin | plasticien : Jonas Delhaye | Couture : Nathalie Deslandes | modiste : Hizzy | collaboration artistique à la dramaturgie : Marja Nykanen et Claude Lapointe | collaboration artistique : Sarah de Foresta et Johanna Saalo.

En coproduction avec l’Espace Jean Vilar d’Ifs et le Théâtre Jeune Public de Strasbourg. La compagnie est subventionnée par le Ministère de la culture et de la communication (DRAC Basse-Normandie).

Vendredi 26 et samedi 27 novembre à 20h30.

La Grande guerre

Au Théâtre 71 de Malakoff

Le plus fameux spectacle du collectif de Rotterdam, Hotel modern. Des fidèles du Théâtre 71.

Envoyé à Verdun comme tant d’autres poilus, Prosper n’a laissé d’autres traces de son existence que quelques lettres envoyées à sa mère. “Chère maman, la nuit je suis allé sur le champ de bataille pour chercher le corps de Calvel et l’enterrer convenablement. Il faisait un temps épouvantable. Je suis allé de cadavre en cadavre. Les boches m’ont vu de leurs tranchées. J’ai dû retourner sur mes pas sous une grêle de balles”.
Inspirée de lettres de soldats des deux côtés du front, la compagnie néerlandaise Hotel Modern, qui combine vidéo et théâtre d’objets d’une manière tout à fait particulière, recrée la guerre des tranchées avec une rare force. C’est d’autant plus fort que ce que l’on voit sur l’écran est simultanément construit à vue devant nous.




Sur le plateau, les trois marionnettistes actionnent des soldats miniatures fabriqués avec des graines, des broussailles et des clous. Ils émiettent de la terre, la mélange avec du shampooing : ils créent la boue des tranchées. Et nous voyons de pauvres silhouettes humaines perdus dans l’enfer de la guerre... Un balai-brosse comme champ de blé, des branches de persil comme arbres, de la farine pour la neige et cinq centimètres de fil de fer pour les barbelés. Ils laissent l’empreinte de leurs doigts dans la terre molle, y font courir des bottes miniatures tandis que des clous jetés de haut canardent le champ de bataille…
Tout cela bricolé dans le plus pur artisanat avec des matériaux de récuperation, filmé à l’aide de petites caméras (alternant plans larges et plans rapprochés) et projeté en direct, produit à l’écran un film de guerre d’un extraordinaire réalisme.
Programmé une première fois en 2006, le spectacle de la Grande Guerre marque le début d’une histoire entre le théâtre 71 et la compagnie néerlandaise qui a présenté trois autres spectacles, dont leur fameux Kamp, sur la scène de Malakoff.

Durée 1h20 | compagnie : Hotel Modern (Hollande) | créateur et concepteur : Herman Helle | acteurs : Herman Helle, Pauline Kalker, Trudi Klever | musique : Arthur Sauer | dramaturgie : Arlène Hoornweg | mise en scène : Pauline Kalker | marionnettes des vétérans : Cathrin Boer | Technique : Joris van Oosterhout.

Production Hotel Modern, coproduction Sauermuziek et Rotterdamse Schouwburg.

Du mardi 30 novembre au samedi 4 décembre | mardi, vendredi & samedi à 20h30 | mercredi & jeudi à 19h30.

Tarzan in the garden, un travail sur la trace

Sylvie Baillon, metteur en scène et directrice de la compagnie Ches Panses Vertes, et Jean Cagnard, écrivain, évoquent leur travail avec Jean-Marc Chamblay pour le spectacle Tarzan in the garden.


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La Charge du rhinocéros, interview : "c’est un petit personnage"

Les deux piliers de la compagnie belge la Charge du Rhinocéros, Claude Semal, auteur et acteur manipulateur, et Ivan Fox, marionnettiste et acteur manipulateur, s’expliquent sur leur spectacle Ubu à l’Elysée. Une satire qui se gausse à plaisir de l’actualité politique française.


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Braquage de banque en dix leçons

Olivier Rannou, amateur de film de genre et super bricoleur de la compagnie Bakélite, nous livre sa recette alors que le spectacle Braquage pose ses valises pour deux jours au Théâtre Firmin Gémier d’Antony.


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La Fabrique des images

Née de la rencontre de deux comédiennes et d’un plasticien, la compagnie Hotel Modern mêle vidéo et théâtre d’objet pour mieux interroger notre regard. Leur Grand Guerre est à l’affiche du Théâtre 71 de Malakoff jusqu’à samedi.

Créé en 2001, La Grande guerre n’a cessé de tourner depuis dans le monde entier et vient au Théâtre 71 de Malakoff pour la troisième fois. C’est le premier des spectacles de la compagnie hollandaise Hotel Modern où les artistes utilisent ce processus de création qui constitue depuis lors leur marque de fabrique : un mélange de manipulation d’objet en direct et de travail vidéo qui requiert un double regard de la part du spectateur. Et une écoute bien sür ! puisque sans le son fabriqué en direct par Arthur Sauer, le spectacle perdrait beaucoup de sa veracité.



Sur le plateau — à la fois plateau de théâtre et plateau de tournage — tout est d’une précision extrême, les trois interprètes vont d’une table à l’autre où tout est en place pour la fabrication et le filmage des scènes. Pendant que l’un manipule et filme, les autres préparent déjà la séquence suivante, à moins qu’ils n’épaulent l’interprète en cours de jeu si un problème technique survient. Car tout est fait en direct : jeu, film, technique. Et le contraste entre le côté bricolé de ce qui se construit à vue, devant nous, avec des matériaux ordinaires tels que du carton, des balais brosse (en guise de champ de blé), quelques clous… et le réalisme du rendu à l’image est très impressionnant. Un peu de terre, trois branches de persil saupoudrées de sucre glace et c’est un paysage sous la neige qui apparaît à l’écran, à s’y méprendre ! Petits moyens, grands effets ! Hotel Modern travaille le rapport de l’image au réel avec une rare maîtrise. Herman Helle, le plasticien de la troupe (aux côtés de Pauline Kalker et Arlene Hoornweg), a longtemps travaillé pour des architectes d’où le travail d’échelle présent dans tous leurs spectacles…
Une paire de bottes qui avancent dans la boue ; des corps installés dans un paysage, un à un, puis les uns sur les autres, jusqu’à l’amoncellement : le côté faussement pédago du début (avec carte de l’Europe à l’appui et récit des événements) laisse vite place à une narration plus impressionniste portée par des images très fortes voire difficiles à supporter. Et la fabrication à vue ne diminue en rien l’impact des images. On est très vite sidérés par la violence de ce que l’on voit, de ce que l’on entend… On se trouve saisi par ce que fût cette guerre : grande par son absurdité, par la boucherie qu’elle fut. L’horreur !
Qu’est-ce qu’une image ? Qu’est-ce qu’un cadre ? Comment filmer la guerre ? comment l’appréhender ? Autant de questions qui trouvent écho dans les guerres modernes dont l’actualité nous livre chaque jour son écho... Mine de rien, en ces temps hautement cathodiques, Hotel Modern nous enseigne à regarder et à nous méfier. Sacrée leçon !

Jusqu’au samedi 4 décembre | vendredi & samedi à 20h30 | jeudi à 19h30.

LES COMPAGNIES

Le Théâtre du Rugissant

A l’origine du Théâtre du Rugissant, une passion commune pour le théâtre forain du XIXe siècle.

Né de la rencontre entre un comédien et une musicienne, Arnaud Vidal et Natacha Muet, tous deux originaires de Malakoff, le Théâtre du Rugissant est implanté dans le Tarn depuis 2003. Attaché à la vie nomade et à l’esprit de collectif, le Théâtre du Rugissant mêle musique et arts forains, machinerie traditionnelle, esprit cabaret et art de la marionnette. Tout comme la cie Babylone qui les a vu naître à la scène et la compagnie des Chiffonnières avec laquelle ils ont créé plusieurs spectacles, notamment Le Bal des fous, en 2005, qui continue de tourner en plusieurs langues en France et à l’étranger. Pour leur premier spectacle, Cinérama, le plus petit cinéma du monde, en 1995, Arnaud Vidal et Natacha Muet avaient transformé leur caravane d’habitation en roulotte de spectacle afin de reconstituer une salle de cinéma à l’ancienne, avec boniment chanté et musique en direct.

La Charge du Rhinocéros

Sise à Bruxelles, la Charge du Rhinocéros est une association de production artistique et de coopération culturelle qui réunit des artistes et des personnalités de tous horizons venus de Belgique, de France, d’Haïti, du Congo, du Maroc, du Rwanda, d’Italie et d’Espagne...
L’association cherche à faire entendre des témoins de notre temps, des artistes qui par leurs expériences nous amènent à poser un regard différent sur nos sociétés et nos dérives. Une démarche autant politique qu’artistique qui entend se situer à contre-courant des dogmes et des idées reçues. « A la culture bien pensante, nous préférons celle qui dérange et écorche les idées préconçues… » disent-ils.

La compagnie Bakélite

Animateur durant trois ans au Théâtre Lillico à Rennes, Olivier Rannou est passé de l’autre côté le jour où il a découvert le théâtre d’objets façon Théâtre de Cuisine et Bob Théâtre avec lesquels il entretient depuis une belle complicité. A l’issue d’une formation auprès de Christian Carrignon, Olivier Rannou a créé son premier spectacle en 2005, l’Affaire Poucet (et la compagnie Bakélite du même coup) puis Braquage en 2008. La compagnie Bakélite, qui s’inspire de l’atmosphère des films policiers, se distingue par un côté très bricoleur associé à un travail sonore sophistiqué. Depuis son premier spectacle, Olivier Rannou n’a cessé de tourner en France et à l’étranger.

Duda Paiva company

Artiste brésilien installé aux Pays Bas, Duda Paiva combine marionnette et danse depuis 2004. Associée à un travail sur le corps dont elle apparaît comme une sorte de prolongement, la manipulation lui permet de pousser le grotesque jusqu’à l’extrême. Depuis quelques années, Duda Paiva fabrique lui-même ses marionnettes, figures monstrueuses de grandes tailles en mousse de caoutchouc, un matériau mou, proche du latex, donc très malléable, qui, tels une prothèse ou un masque corporel, permet d’épouser le mouvement du danseur jusqu’à opérer une confusion entre l’objet et l’interprète en un troublant corps à corps. Auteur d’une dizaine de spectacles, la Duda Paiva company qui tourne dans le monde entier a déjà présenté Morning Star en France.

La compagnie Akselere

Fondée à la Réunion en 1999 par Colette Garrigan et Franck Bourget, la compagnie Akselere, désormais installée en Normandie, se caractérise par un travail trés fin de manipulation qui concerne aussi bien la marionnette que les objets, voire les jeux d’ombres. La compagnie a beaucoup tourné avec Sleeping beauty. Crowning Glory a été créé en 2009.

Ches Panses vertes

Fondée à Amiens, en Picardie il y a près de 30 ans, la compagnie Ches Panses vertes dirigée par Sylvie Baillon travaille dans de nombreuses directions, aussi bien pour le jeune public que pour un public adulte, autour des écritures scéniques contemporaines. Sylvie Baillon passe régulièrement commande à des auteurs. La forme de ses spectacles change à chaque nouveau projet.
Depuis plusieurs années, la compagnie Ches Panses vertes anime la biennale Marionnettes en chemin et le lieu Le Tas de sable, devenu en 2009, par conventionnement, Centre de développement des arts de la marionnette en Picardie. Actuellement en tournée, les spectacles Alors ils arrêtèrent la mer (à partir de 3 ans) et Et Cependant (à partir de 14 ans et plus) autour de la vieillesse sont programmés au Théâtre Dunois en février 2011.
C’est la compagnie Ches Panses vertes qui animera le stage public de cette 11e edition du festival MAR.T.O, les samedi 20 et dimanche 21 novembre, sur la thématique “créer un monde avec des marionnettes”.

Hotel Modern

Fondé en 1996 et basé à Rotterdam, le collectif Hotel Modern réunit deux comédiennes, Pauline Kalker et Arlène Hoornweg, ainsi qu’un plasticien-performer, Herman Helle. D’autres complices complètent l’équipe, ainsi le musicien et compositeur Arthur Sauer qui interprète la musique et les bruitages en direct. Les créations du collectif renouvellent l’art de la marionnette en combinant manipulation d’objets et vidéo, théâtre et arts plastiques d’une manière qui leur est tout à fait particulière. Sur scène, ils installent un véritable plateau de tournage de cinéma d’animation dont le film est fabriqué et projeté en direct : chaque scène étant créée, dans le plus pur artisanat du théâtre d’objet, sous l’œil des spectateurs. Depuis ses débuts, la compagnie a réalisé de nombreux spectacles dont plusieurs ont été récompensés au niveau international. La Grande guerre, L’Homme à cinq doigts et Kamp ont déjà été présentés au Théâtre 71 de Malakoff.

les critiques

Marionnettes sous chapiteau

En ouverture du festival MAR.T.O., à l’Espace cirque d’Antony, Dans l’œil du judas, porté par l’énergie collective du Rugissant.

Il y a la musique de Natacha Muet, chapeau haut de forme et robe de velours derrière son petit piano crapaud qui à l’occasion fait joliment office de castelet. Il y a la belle énergie collective d’une compagnie de théâtre forain qui affectionne la vie de tréteaux. Une histoire de bande, une histoire de copains de cour de récré devenus compagnons de route.
Il y a aussi l’impressionnant dispositif de cet immeuble en coupe, on pense à La Vie mode d’emploi de Georges Perec, qui montre l’envers du décor d’un voisinage pas vraiment recommandable. Un voisinage mortifère où le groupe fait pression sur l’individu et se nourrit de la rumeur et du malheur d’autrui. Mais qui n’aura heureusement pas raison de l’amour de deux enfants qui se retrouveront bien des années après.
Et ces retrouvailles offrent l’une des plus belles scènes du spectacle, lorsque les deux amoureux devenus vieux s’octroient enfin des caresses. Et de voir ainsi deux marionnettes de vieux nues sur un plateau est une chose rare et belle.

Les corps hybrides de Duda Paiva

Le danseur et marionnettiste néerlandais passe la comédie musicale américaine à la moulinette de ses fantasmes grimaçants.

Le pas de deux inaugural met les points sur les "i" : Duda Paiva n’est pas un danseur passé à la marionnette. il est marionnettiste parce que danseur. Véritable prolongement de son corps, ses créatures en matière souple, qu’il distord à plaisir, reflètent un questionnement de longue date autour du corps, de la danse et du mouvement. C’est d’ailleurs lui qui créé ses marionnettes, expérimentant des mousses toujours plus extensibles, plus malléables. La manipulation chez Duda Paiva tient du corps à corps où l’interprète est en première ligne.
Tel un Dr Frankenstein dans son laboratoire ou un Faust nouvelle manière, il joue avec la création, triture bras et jambes, décapite et remonte en dépit du bon sens : ainsi la sorcière verte qui émerge de la table d’opération se retrouve-t-elle avec une tête de chien, voire un corps de chien à la place de la tête. Quand ce n’est pas une grosse masse rouge qui par un tour de passe devient face de crapaud. Fasciné par les zones troubles, Duda Paiva a néanmoins beaucoup d’humour et l’art de retourner la réalité comme un gant.



Et s’il subsiste ici quelque chose du Magicien d’Oz — un air qu’on sifflote, une paire de souliers rouges — c’est d’avantage de l’ordre de la trace, de la réminiscence fétichiste que de la référence. Il y a dans Malédiction, une énergie très sexuelle et très enfantine à la fois, l’un n’excluant pas l’autre au contraire, un geste libératoire porté par une manipulation extrêmement fine.
Et lorsqu’il accouche sa créature pour se retrouver aux prises avec une main géante qui pourrait être celle de la créature devenue démiurge, c’est à se demander qui manipule qui. Bon prince, il finit par offrir un cœur à sa créature avant de la rendre à ses limbes. Bien joué !

Le Rhinocéros à l’Elysée

le spectacle d’Ivan Fox et Claude Semal se joue encore ce soir au Théâtre Jean Arp de Clamart. Et comme vous pourrez le voir, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

Serait-ce qu’à force d’entendre des blagues belges, les deux compères de la Charge du Rhinocéros (le nom de leur compagnie) ont décidé de nous retourner gentiment la politesse ? les (més)aventures du locataire de l’Elysée les ont en tout cas bien inspiré.
Non seulement Claude Semal (auteur et acteur manipulateur) et Ivan Fox (marionnettiste et acteur manipulateur) ont beaucoup d’humour, mais ils ont surtout l’intelligence et le tact pour ne jamais tomber dans le graveleux. Le texte recèle de véritables perles et leur duo complice offre de très beaux moments scéniques, dans la grande tradition des caricaturistes de tréteaux. La petite scène facilement démontable et les panneaux de décors sont d’ailleurs en bois gravés.
Reste à voir si l’histoire se termine comme ils le prédisent .... Méchant !


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Nuit de la marionnette : un succès !

Une deuxième édition réussie qui inscrit l’événement dans la durée.

Plus de monde que l’an dernier, un peu de bousculade au démarrage en raison d’un problème informatique mais un retard vite rattrapé et des spectateurs ravis par la qualité et la diversité des spectacles. Beaucoup avaient dans leur besace assez de vivres pour faire le siège du Théâtre Jean Arp toute la nuit... On se souviendra de la très belle ouverture de soirée dans la grande salle avec Le T de N – 1, spectacle insolite des Ateliers du spectacle nouvelle génération, à partir des livres de Clémence Gandillot, artiste scénographe, graphiste et poète qui révèle ici une étonnante présence en scène. Une belle découverte avec le Laboratoire itinérant Conte et objets installé dans les plus petits recoins du théâtre. On se souviendra longtemps du Petit Poucet d’Olivier Lettelier sur un coin de table.


Nuit de la marionnette
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De l’ambiance dans les bureaux avec la bande de Scopitone, toujours prêts à se déhancher sur quelques tubes — "qui ne danse pas ne rentre pas — (d’Elvis Presley à Plastic Bertrand) avant d’attaquer les contes à la hache de l’humour noir : le chasseur serait ainsi le gigolo de la grand-mère ? du moins si l’on a bien suivi leur version du Petit Chaperon rouge… Les froufrous plein de malice de la S.O.U.P.E.Sous le jupon et Au plaisir d’offrir, pris d’assaut ! — et les saynètes miniatures de la Gare Centrale, les deux compagnies guest star, ont fait des heureux tout au long de la Nuit. Bravo au Polichineur d’écritoire, et bravo à ceux qui l’ont suivi, pour avoir braver des températures polaires dans le marché couvert, sous le théâtre. Il est vrai que lorsqu’on est captivé par un spectacle, on ne se rend compte ni des conditions ni du temps qui file. La preuve : ils étaient encore 180 à 5h du matin et une centaine à assister au final à 6h avec la compagnie Là où — que l’on a pu croiser tout au long de la soirée avec leurs propositions de papier— et petit-déjeuner … Le Théâtre jean Arp est quitte pour rempiler en 2011 !