Marionnettes sous chapiteau

En ouverture du festival MAR.T.O., à l’Espace cirque d’Antony, Dans l’œil du judas, porté par l’énergie collective du Rugissant.

Il y a la musique de Natacha Muet, chapeau haut de forme et robe de velours derrière son petit piano crapaud qui à l’occasion fait joliment office de castelet. Il y a la belle énergie collective d’une compagnie de théâtre forain qui affectionne la vie de tréteaux. Une histoire de bande, une histoire de copains de cour de récré devenus compagnons de route.
Il y a aussi l’impressionnant dispositif de cet immeuble en coupe, on pense à La Vie mode d’emploi de Georges Perec, qui montre l’envers du décor d’un voisinage pas vraiment recommandable. Un voisinage mortifère où le groupe fait pression sur l’individu et se nourrit de la rumeur et du malheur d’autrui. Mais qui n’aura heureusement pas raison de l’amour de deux enfants qui se retrouveront bien des années après.
Et ces retrouvailles offrent l’une des plus belles scènes du spectacle, lorsque les deux amoureux devenus vieux s’octroient enfin des caresses. Et de voir ainsi deux marionnettes de vieux nues sur un plateau est une chose rare et belle.