2011

Pourquoi je considère la marionnette comme une discipline essentielle dans une programmation ? Parce que ma rencontre avec elle au Festival de Charleville Mézières en 1995 fut de l’ordre du coup de foudre :Théâtre Manarf, Philippe Genty, Dondoro, Garin Trousseboeuf, Ilka Shonbein... une véritable claque artistique ! Cet amour n’a fait que s’accroitre avec le temps. Il me semble que cette forme est en perpétuel mouvement, en recherche constante et elle ne finit jamais de m’étonner encore et toujours. Elle convoque chez moi une vaste palette de sentiments, de la surprise à l’émotion. Suivre et soutenir les artistes reconnus et émergents est un engagement que le Festival Mar.T.O. ne cesse de suivre depuis onze ans. Cette année, j’ai souhaité inviter, pour ma première saison de direction au Théâtre des
Sources, une figure emblématique et atypique, Diego Stirman qui, à mon avis, incarne la diversité et la singularité de cet art nécessaire.

Laurence Ackermann
Théâtre des Sources


En créant le Festival Mar.T.O. il y a maintenant onze ans, les théâtres de Clamart, Fontenay-aux-Roses et Malakoff souhaitaient à la fois défendre une discipline artistique en plein essor et initier un travail collectif, un partenariat, entre des établissements culturels, habitués trop souvent à travailler de façon individuelle et solitaire. Depuis, les théâtres de Bagneux, Châtenay-Malabry et Antony ont rejoint le festival permettant ainsi d’étoffer les propositions marionnettiques et d’inciter le public francilien de passer de l’un à l’autre de nos théâtres. Le Théâtre Jean Arp, scène conventionnée de Clamart pour la marionnette et le théâtre d’objets a pour mission de promouvoir la création contemporaine marionnettique en direction d’un public adulte. À ce titre, nous accueillerons, pour la première fois en Île-de-France sur une série de cinq représentations, la jeune marionnettiste Solène Briquet et son adaptation de la pièce de Joël pommerat, Cet enfant. Une version toute personnelle où théâtre d’ombre, vidéo, acteurs, musique live, petits et grands playmobiles, s’entremêlent pour nous dire la difficulté des liens familiaux.
Et comme la marionnette et le théâtre d’objets sont multiples, nous proposerons pour la troisième année consécutive une nuit de la marionnette. De 20h30 à 6h du matin, un voyage, une déambulation dans le théâtre, au plateau, dans les loges, les bureaux, au marché, dans le parking, le cinéma… Une nuit de spectacles où les petites formes iconoclastes d’1/4 d’heure succèdent à des spectacles « grand format » au plateau. Une dizaine de compagnies programmées pour un panorama de la création contemporaine marionnettique. D’Andréa Novicov à Christian Carrignon, de Grégoire Ingold à Carmen, de l’univers des Plonk et Replonk à Madame Bovary !

Farid Bentaïeb
Théâtre Jean Arp


Que cinq théâtres si différents, qu’il s’agisse de leur statut, de leur budget ou de leur renommée, réussissent à travailler ensemble, peut a priori paraître improbable. Qu’en plus ils aboutissent, au final et tous les ans, à une si totale homogénéité dans la qualité artistique de leur festival, cela devient suspect… Je crois que c’est cela la « Mar.T.O.’s touch » : la démonstration, tous les ans renouvelée, que la richesse colle à la diversité ; que des théâtres dont la réputation n’est plus à faire peuvent parfaitement cohabiter et travailler avec ceux qui gagnent à être connus, en toute égalité et respect mutuel. il suffit juste d’être dans le plaisir partagé, sans d’autres enjeux que le désir commun de défendre un domaine artistique : la marionnette et le théâtre d’objets.
Au moment où tant de discours incitent plutôt à la division des uns et des autres, es autres et les uns auraient tout à gagner à adopter la « Mar.T.O.’s attitude ».

Marie-Lise Fayet
Théâtre Victor Hugo


Sur le festival en général : le grand intérêt de Mar.T.O. pour moi est de faire pot commun avec d’autres théâtres proches. Le programme du festival s’élabore avec les idées de chacun. on est impatient de présenter à tous ce qu’on va faire et curieux de découvrir les propositions des autres. Un grand wok qui facilite la découverte de cette discipline en plein mouvement et fait travailler les équipes ensemble ce qui est toujours mieux que le replis sur soi. Sur l’édition 2011 du festival Mar.T.O. : notre engagement dans cette édition du festival Mar.T.O. est marqué par notre fidélité à l’égard de deux compagnies. le Bob Théâtre dont le
répertoire complet est passé par antony ou Châtenay-Malabry. Il manquait cette pièce déjà ancienne. Mar.T.O. nous donne l’occasion de l’accueillir et de la faire découvrir aux public franciliens.
Puis la compagnie TRO-HEOL qui revient après nous avoir enchantés il y a quelques années avec son adaptation d’un roman d’Arto Paasilinna.
Le troisième spectacle devait faire partie du festival ! déjà joué à de nombreuses reprises dont une série au Montfort, il a permis de révéler au public un marionnettiste exceptionnel, porteur d’une tradition ancestrale et dont les parents ont été condamnés aux heures les plus noires de le révolution culturelle. C’est d’ailleurs cette histoire que Hands Stories nous raconte.

Marc Jeancourt
Théâtre Firmin Gémier/La Piscine


En prenant mes fonctions, en janvier 2011, à la direction du Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff, il était clair que le projet artistique que je mènerai pour cette institution s’approprierait la belle aventure qu’est le festival MAR.T.O. synergie de cinq théâtres partenaires, propositions faites aux spectateurs de formes atypiques, étonnantes et plurielles, espaces donnés à la création et aux compagnies émergentes, rendez-vous privilégiés et conviviaux avec le public… un ensemble d’ingrédients ne pouvant qu’attiser l’inspiration d’un directeur de théâtre !
Ainsi et après avoir été spectateur de nombreuses éditions, me voici donc désormais l’un des acteurs de cette manifestation avec comme désir, développer à Malakoff, en cohérence avec les théâtres amis et l’esprit d’ouverture du festival, un regard sur la production internationale tout en favorisant la jeune création. Succédant au riche compagnonnage que le Théâtre 71 aura tissé ces dernières saisons avec la compagnie néerlandaise « Hotel Modern », en accueillant aujourd’hui le projet singulier de l’artiste israélien Amit Drori, Savanna, nous sommes précisément à cet endroit-là.

Pierre-François Roussillon
Théâtre 71