SPECTACLES

La nuit de la Marionnette

Théâtre Jean Arp | Clamart | sam 12 nov de 20h30 à l’aube

Rendez-vous désormais incontournable de MAR.T.O., La Nuit de la marionnette ouvrira l’édition 2011 du festival. Noctambules, insomniaques et curieux, poussez les portes du Théâtre Jean Arp à Clamart et découvrez des compagnies qui n’ont pas peur du noir ! Marionnettes, théâtre d’objets et formes animées vous tiendront éveillés du crépuscule jusqu’à l’aube…

Pour plus de renseignements n’hésitez pas à consulter le site du Théâtre Jean Arp

Retour sur l’édition précédente

PROGRAMMATION 2011

DERNIER THÉ À BADEN BADEN Les monologues d’un agent double | Plonk & Replonk | Andrea Novicov | Théâtre, vidéo, bruitage, arts plastiques

36e DESOUS | création à La Nuit de la Marionnette | Cie Akselere | Colette Garrigan | Marionnette, Objets et Ombres

ENTRETIENS D’EMBAUCHE | création | Cie Balagan système | Jacques Jouet | Grégoire Ingold | Castelet de marionnettes à gaine

ÉROTIC ’MICHARD | Cie succursale 101 | Angélique Friant | Marionnette portée

LES RELIQUATS | Cie La Valise | Natacha Diet et David Arribe | Monarchie, jeu et manipulation d’objets

L’AURORE | Cie La Valise | David Gallaire | Théâtre d’objets

MADAME BOVARY | Cie Karyatides | Gustave Flaubert | Agnès Limbos | Théâtre d’objets

CARMEN | Cie Karyatides | Prosper Mérimée | Félicie Artaud | Théâtre d’objets

MONSIEUR WAT ou Les Lumineuses aventures d’une lampe de chevet | Cie La Torgnole | Pierre-Yves Guinais | Théâtre d’objets, manipulation

LE THÉÂTRE D’OBJET : MODE D’EMPLOI | Théâtre de cuisine | Christian Carrignon | Théâtre d’objets, manipulation, « conférence »

L’AUTO VÉLOCIPÉDIE MANIPULATOIRE | Cie Le Grand manipule | Gilbert Epron | Bricolage en tout genre, objet

LA MÉNAGERIE | Cie DEFO | Emilie Jonet et Laurent Steppé | Théâtre d’objets et de rue

LA SYMPHONIE ÉLÉCTRO MÉNAGÈRE | Métalu A Chahuter | Al1 et Ant1 – Alain Chautard et Antoine Rousseau | Théâtre d’objets, bruitage, concert

***SOLO FERARI*** | Cie Rodéo Théâtre | Simon Delattre | Marionnette

Cet enfant

Cie la Magouille | création

Théâtre Jean Arp - Clamart
16 › 20 NOV
mer, ven sam 20h30 | jeu 19h30 | dim 16h
durée 1h40

Mères désabusées, pères débordés et filles blessées : à partir de témoignages
réels, Joël Pommerat a composé un texte bouleversant autour des relations
parents-enfants. Ces histoires ordinaires deviennent ici des tableaux décalés
où acteurs, marionnettes aux allures de Playmobils, vidéo et contrebasse
se répondent. Du théâtre-vérité, vibrant et percutant.

Théâtre Jean Arp à Clamart

Nosferatu

Bob Théâtre | théatre d’objets

Théâtre de la Piscine | Châtenay-Malabry
21 & 22 Nov
lun, mer 20h30
durée 1h

Deux croque-morts, un grand baraqué et un chauve n’ayant pas vraiment mué, rivalisent d’inventivité et de second degré pour revisiter le mythe de Nosferatu, le fameux vampire des Carpates. Sur fond de musiques de films de série Z, et à grand renfort d’ampoules, de mixers et de boîtes de conserve, ils sont bien décidés à vous faire hurler… de rire ou de peur, selon votre humeur !

Théâtre de la Piscine à Châtenay-Malabry

LE BOUFFOU DANS LE SILLON SHAKESPEARIEN

Bouffou Théâtre à la Coque | Serge Boulier | Théâtre et marionnettes

ÊTRE, PEUT-ÊTRE
ven 25 nov à 20h30
durée env. 1h20
Théâtre Victor Hugo | Bagneux

Difficile, si on ne sait pas qu’ils sont signés l’un et l’autre par Serge Boulier, de faire le rapprochement entre La Mer en pointillés, spectacle pour lequel le Bouffou a obtenu le Molière jeune public en 2007 (et qui tourne encore), et Être, peut-être — variation autour de Shakespeare qui met en œuvre un dispositif scénique nettement plus ambitieux que les précédents spectacles.

Avec cinq acteurs au plateau, quatre collaborateurs à la construction des marionnettes, un musicien en direct : une quinzaine de personnes en tout sur le projet et un décor en grand avec trappes à gogo façon théâtre de tréteaux. Le titre Être, peut être s’inspire des vers fameux d’Hamlet « Être ou ne pas être (…) dormir, mourir, rêver peut-être » , sans conteste la plus célèbre réplique du théâtre occidental. Creuser le sillon shakespearien est pour Serge Boulier une façon d’interroger le théâtre bien sûr mais aussi sa propre position à lui, marionnettiste, fonction vue comme mineure, face au théâtre dit « sérieux » donc majeur. Le texte du dramaturge élisabéthain est ici délivré par Guignol installé tel l’antique souffleur dans une trappe à l’avant scène…
Cette façon d’interroger sa pratique, correspond sans doute aussi à une volonté de la renouveler. Or ce spectacle, apparemment plus classique que ce à quoi nous avait habitué le Bouffou, diffère grandement des précédents : les acteurs, les habituels complices de Serge Boulier, ont cette fois pris le pas sur les marionnettes. Adressé à des adolescents (à partir de 14 ans) et à des adultes, il traduit un propos plus grave, tragique. L’un des thèmes — central au théâtre— en est le temps, le temps humain, l’âge, la vieillesse, la dégradation des corps.
Ses très belles marionnettes de cuir aux chairs flétries, marquées par les années, sont inspirées des peintures de Jean Rustin où les personnages sont représentés nus, dans toute leur solitude et leur fragilité. Et Guignol lui-même se transforme au fil du spectacle jusqu’à n’être plus qu’un visage de mort, tel le crâne de Yorick dans la tragédie du prince du Danemark.

Est-ce à dire que Serge Boulier, pris d’un pessimisme soudain, pronostique la mort de la marionnette ? Lui qui se démène au sein de son lieu, le Théâtre à la coque à Hennebont en Bretagne, pour accueillir, former, épauler, produire d’autres artistes. Et qui s’est battu avec d’autres compagnies qui gèrent également un lieu, dans le cadre des Saisons de la marionnette, pour que cette mission spécifique de compagnonnage soit enfin reconnue.

Maïa Bouteillet

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écriture, mise en scène, conception décor et marionnettes
Serge Boulier | assistante à la mise en scène
Katia Belalimat | regard extérieur
Jean Lambert-Wild |
comédiens – marionnettistes Frédéric Bargy, Séverine Coulon, Jean-Louis Ouvrard, Raoul Pourcelle, Stéphane Rouxel | construction marionnettes Serge Boulier, Séverine Coulon, Maïté Martin , Didier Lahaye | construction décor Fabrice Abrard | musique Alain de Fiippis,
Rémi Le Bian
| avec la complicité de Cécile Briand
production Bouffou Théâtre à la Coque est missionné par la DMDTS au titre du Compagnonnage Marionnette.
Bouffou Théâtre à la Coque est conventionné avec le Ministère de la Culture – DRAC Bretagne, le Conseil régional de Bretagne, Le Conseil général du Morbihan et la Ville d’Hennebont

Théâtre Victor Hugo à Bagneux

Mon père, ma guerre

Cie Tro-Héol | théâtre et marionnettes

Théâtre de la Piscine | Châtenay-Malabry
Ven 25 Nov à 20h30
durée 1h30

Mon père, ma guerre
Dans l’Espagne franquiste de l’après-guerre civile, la chasse aux républicains
fait rage : une petite fille doit grandir dans le silence pour protéger son père.
Ici, les enfants sont des marionnettes que d’étranges bras articulés menacent
d’enlever, tandis que les comédiens se muent en manipulateurs et en danseurs
de flamenco. Un spectacle poignant sur la difficulté de transmettre la mémoire.

Théâtre de la Piscine à Châtenay-Malabry

L’ENVERS DU DÉCOR

Yeung Faï | marionnettes

HAND STORIES
2 & 3 déc à 20h30
durée 1h
Théâtre de la Piscine | Châtenay-Malabry

Qui n’a jamais vu Yeung Faï faire virevolter ses personnages n’a jamais vu de marionnettes à gaine !

Les différents extraits de l’Opéra de Pékin présentés dans Hand stories sont tout bonnement à couper le souffle. Virtuoses donc, mais aussi poignants, car ce qu’on découvre dans la foulée c’est que cet art transmis de père en fils a bien failli disparaître au moment de la révolution culturelle en Chine. L’histoire douloureuse que raconte Faï, la mort de son père, l’exil de son frère et le sien, fut également celle de nombreux autres artistes. Et la situation reste difficile aujourd’hui en Chine. Pour en témoigner, il ose ce qu’aucun marionnettiste de la grande tradition ne risquerait : sortir de son castelet et montrer l’envers du décor, fut-il sombre ! Ce faisant, il rend un bel hommage à ces artistes de l’ombre et de l’abnégation, serveurs d’une des disciplines les plus ardues. Il faut des années d’apprentissage pour obtenir la beauté du geste de Yeung Faï. Lui, a commencé à quatre ans, apprenti aux côtés de son père, et n’a pas touché une seule marionnette durant un an : on ne devient pas marionnettiste comme ça. On pressent tout cela dans cet écart entre l’index et le majeur qu’il pratique en ouverture comme un exercice rituel en bord de scène et que Yoann Pencolé — jeune marionnettiste issu de Charleville Mézières qui travaille avec l’artiste chinois depuis des années — reprend en fin de spectacle à son compte comme pour boucler la boucle de la transmission.

C’est la première fois donc que Yeung Faï sort de son castelet — il a passé quelques années à Strasbourg à travailler pour Grégoire Callies, là encore dans l’ombre — révélant au jour ses indéniables talents d’acteurs. Yeung Faï possède en effet l’extraordinaire capacité d’exprimer une foule de choses pour le seul mouvement de son visage. Cette sortie du castelet n’est-elle pas comme une seconde naissance artistique ? Libéré de la convention Yeung Faï a su conduire sa dramaturgie avec une économie de signes exemplaires pour atteindre à une rare intensité.

Hand stories a déjà beaucoup tourné depuis sa création, il y a un an, gageons qu’il n’est pas près de s’arrêter !

Maïa Bouteillet

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4©MARIO DEL CURTO

scénographie, marionnettes, conception Yeung Faï | musique Colin Offord | conception vidéo Yilan Yeh | assistanat Yoann Pencolé | lumière Christophe Kehrli | regard extérieur Pauline Thimonnier | conseiller artistique Thierry Tordjman

production Théâtre Vidy-Lausanne | coproduction Théâtre Jeune Public de Strasbourg – CDN d’Alsace - Théâtre des Marionnettes de Genève | avec le soutien de l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières
Théâtre de la Piscine à Châtenay-Malabry

Jeux d’enfant

Cet enfant du 16 au 20 nov | Théâtre Jean Arp à Clamart

Avec sa version jouet de Cet enfant, Solène Briquet jette un nouvel éclairage sur la pièce de Joël Pommerat.

Elle est toute jeune Solène Briquet, 25 ans ou 26 ans à peine. Les camarades avec qui elle signe sa première mise en scène en conditions pro, n’ont pas beaucoup plus. Et leur jeunesse offre à Cet Enfant de Joël Pommerat, pièce sur la difficulté des rapports parents enfants, un écho très particulier. Ainsi, lorsque dans la première saynète Solène Briquet joue le rôle d’une future mère qui imagine monts et merveilles pour son enfant, son minois de tout jeune femme offre un véritable miroir à l’immaturité du propos de son personnage. Image parfaite de la fille-mère, annonciatrice de catastrophes futures.
Marionnettiste issue de l’université Paris III — rares sont ceux qui ne sortent pas de l’école de Charleville-Mézières ! — et formée au gré de rencontres fondatrices telles que celles de François Lazaro, Jean-Pierre Larroche ou Sylvie Baillon, la jeune artiste aboutit à une vraie trouvaille formelle avec ce texte. Pour répondre à la structure éclatée de la pièce qui pose chaque fois une nouvelle situation à résoudre dramaturgiquement, elle a choisi de décliner la figure du Playmobil, jouet typique et connu de tous, sous différentes formes (à gaine, masques, marionnettes à prise directe, ombres et projections) et différentes échelles.
Cette variété au rendu très ludique a pour effet de mettre à distance le tragique du texte, sans pour autant le désamorcer, et de favoriser l’émergence de l’humour qui existe bel et bien chez Pommerat, fut-il grinçant. Dans un deuxième temps pourtant, le tragique ressurgit et la violence du propos éclate : les relations parents enfants nous apparaissent alors comme une suite de manipulations où les enfants seraient comme des jouets dans les mains des adultes, mais l’inverse peut se produire également…
Autre belle trouvaille, les transitions aménagées avec un musicien à la forte présence, Bastien Lambert, homme de très petite taille affublé d’une très grande contrebasse, qui malmène à loisir son instrument et incarne ici une figure étrange et insolente de l’enfant. Indubitablement, Solène Briquet nous démontre avec brio que l’univers de Pommerat est soluble dans la marionnette ! On en aura d’ailleurs une nouvelle preuve sur la scène du même théâtre Jean Arp de Clamart (en mars, hors Mar.T.O.) où l’équipe allemande du Puppentheater Halle adaptera Ma chambre froide, la dernière pièce de Pommerat en marionnettes à physionomie réaliste cette fois.

Maïa Bouteillet

avec Solène Briquet (mise en scène comédienne-marionnettiste),
Cécile Lemaitre (comédienne-marionnettiste),
Hugo Quérouil (comédien-marionnettiste)
Nicolas Burlaud (collaboration artistique et création vidéo), Bastien Lambert (musicien et interprétation)
Mathieu Ponchelle (création lumière)
construction marionnettes et décor
Arnaud Louski-Pane,
Lua Geiser,
Coralie Maniez, Marion Laurans
et la cie La Magouille
coproduction La Ferme Godier-Cie Issue de Secours (93), L’Atelier à Spectacle–Scène régionale de Dreux (28), L’Hectare de Vendôme-Scène Conventionnée pour les Arts de la piste, le Théâtre d’objet et la Marionnette (41), Le Théâtre Jean Arp à Clamart-Scène Conventionnée pour les Théâtres de Marionnette (92), le Cirque Albatros (69) | partenaires et soutiens Le Tas de Sable-Cie Ches Panses Vertes (80), Le Théâtre aux Mains Nues (75), Le Clastic Théâtre (92), Cie KompleXKapharnaüM-En CourS (69), L’Espace Périphérique – Ville de Paris et Parc de la Villette (75), Le Moulin (27) | remerciements Sylvie Baillon et Eric Goulouzelle, Marie Godefroy, La Maison du Théâtre à Amiens, Patrick Boutigny, Eloi Recoing, Olivier

DIEGO LE GENEREUX

Diego Stirman | théâtre d’objets, manipulation culinaire, clown

LE BANQUET
18 & 19 novembre
ven, sam 20h30
durée 1h
Théâtre des Sources | Fontenay aux Roses

Diego Stirman est un personnage. Un showman hors pair. A n’en pas douter, le succès de ses spectacles, où se mêlent verve populaire et dimension plus critique, voire politique, tient avant tout à sa personnalité éminemment attachante. Médecin argentin émigré en Espagne en 1978, il a choisi la voie du « gai rire » depuis près de 30 ans.
Ceux qui ont goûté à ses Entremets, livrés en ouverture de saison du Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses, savent qu’il n’a pas son pareil pour chauffer une salle. Car sa manière à lui de faire du théâtre c’est d’être en prise directe avec les spectateurs — pas de quatrième mur qui tienne — quitte à en embarquer quelques-uns dans l’aventure. Méfiez-vous, il repère ses proies en rôdant dans la salle avant d’entrer en scène ! Un peu clown, un peu marionnettiste, manipulateur en tout genre à l’humour potache, Diego Stirman affectionne tout particulièrement les personnages de ratés que l’on retrouve souvent au fil de toutes ses créations.
Dans Le Banquet — eh oui, encore un titre lié à la nourriture ! — c’est un amoureux qui attend sa belle en vain. Le spectacle n’a qu’un rapport assez lointain avec l’œuvre de Platon dont Stirman se plaît à rappeler sur le ton de la private joke que « platon » en espagnol d’Argentine (prononcez « platone ») signifie une grosse assiette…
Malgré des airs d’impro totale sur un coin de table, le théâtre de Diego Stirman est d’une grande précision, au point de pouvoir se ménager de véritables espaces de liberté. Ainsi le spectacle n’est-il jamais tout à fait le même, puisque Diego le généreux joue chaque soir avec la salle.
On peut également s’en faire une assez forte idée en se rendant à Belleville, rue des Envierges (XXe arrondissement de Paris), dans le lieu alternatif El Clan destino qu’il ouvre chaque dimanche au public. Il y joue ses propres productions mais invite aussi d’autres artistes. C’est entrée libre, à la fin, il fait circuler le chapeau. L’art de Diego Stirman vient de la rue.

Maïa Bouteillet


NOSFERATU

Bob Théâtre | Théâtre d’objets

NOSFERATU
21 & 22 novembre
durée 1h
Théâtre de la Piscine | Châtenay-Malabry



C’est presque la marque de fabrique du Bob théâtre, ce Nosferatu, depuis huit ans qu’il n’arrête pas de tourner. Et pour cause, c’est à mourir de peur et de... rire ! Et là, comme dans tous leurs spectacles, la compagnie rennaise fondée par Denis Athimond, sait faire beaucoup avec peu. Dans la boîte à outils donc, quelques objets bien trouvés (dans le registre ménager, on n’en dira pas plus), un vrai talent d’acteurs — Denis Athimond et ses inénarrables rouflaquettes partage la scène avec Julien Mellano, crâne et visage glabres de pierre tombale —, du rythme, une sacrée bande son et un travail de lumière très cinéma qui découpe les scènes en plans façon expressionnisme allemand, en référence au Nosferatu de Murnau. Bricoleurs en diable, ils ont l’art de condenser les histoires en une image et de créer des télescopages de sens en trois gestes qui en disent plus long que les mots. Mais comme ils ne s’appellent pas Bob pour rien, ils prennent aussi un malin plaisir à jouer avec les clichés du genre… Ça tombe bien, les vampires ont à nouveau le vent en poupe ! A les en croire, Nosferatu est un « spectacle de trucs manipulables en noir et blanc colorisé, interdit aux mauviettes » : Denis Athimond n’est pas du genre à prendre des gants pour s’adresser au public…
Et c’est ça qui est bon.

Maïa Bouteillet

production Le Bob Théâtre a déjà présenté au Théâtre Firmin Gémier / La Piscine Princesse K en 2010, Démiurges en 2009 et Hans et Greutel en 2007.

MÉMOIRE SILENCIEUSE

Cie Tro-Héol | théâtre et marionnettes

MON PÈRE, MA GUERRE
Ven 25 Nov à 20h30
durée 1h30
Théâtre de la Piscine | Châtenay-Malabry

Mon Père, ma guerre est le plus personnel des spectacles de Tro-Héol, le plus ambitieux, le plus complexe à mettre en œuvre. C’est un spectacle très différent des précédentes créations de la compagnie bretonne. Inspiré de l’histoire personnelle de Daniel Calvo Funes — son grand-père, républicain engagé, est mort dans les geôles du franquisme —, le spectacle a voyagé longtemps dans la tête de ses auteurs avant de trouver la forme idoine. Une commande d’écriture a été passée à Ricardo Montserrat : le temps de l’écriture et les allers-retours que cela a impliqué entre l’auteur et les deux co-metteurs en scène a aidé à la maturation du projet qui a beaucoup bougé depuis la création au printemps dernier. Le plus ambitieux, car il convoque à la scène musiciens, marionnettes, acteurs, danseur ainsi qu’une scénographie articulée difficile à mettre en œuvre. Daniel Calvo Funes, qui interprète ici pas loin d’une demi douzaine de rôles, se livre en un peu plus d’une heure de temps à une véritable performance.

Par un jeu de cadrages plus ou moins serrés, tous les éléments scéniques s’articulent pour donner à percevoir le climat de terreur et d’arbitraire qui fut celui de l’Espagne sous Franco. Martial Anton intervient d’ailleurs avant le spectacle pour replacer l’histoire dans son contexte et donner quelques clés aux spectateurs, mais finalement cela pourrait se passer ailleurs. Et beaucoup de questions que se posent la Niña restent en suspend pour nous aussi. Le père est au maquis, mort peut-être ? La mère est restée seule. L’un des enfants a été enlevé par la Phalange. Reste la Niña, espiègle et curieuse qui comble comme elle peut le chagrin de sa mère par ses rires et sa joie. Mais qui est cet homme qui semble réapparaître parfois, son père est-il vraiment mort ? Qui sont ces figures étranges et grimaçantes qui surgissent soudain et l’arrachent de son insouciance ? Est-ce le fruit de son fantasme ? La Niña grandit et avec elle son désir d’en savoir plus et de rompre le silence.
Sans doute faut-il regarder ce spectacle comme un conte, avec sa part de symbolique et d’inexpliqué. Le climat fantastique traduit à la fois les faits et la réalité intérieure de la Niña : l’éveil de sa conscience, sa volonté sans faille. Son combat pour le futur. Et c’est ce qui apporte un peu d’espoir dans une histoire très sombre.

Maïa Bouteillet

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Jean Henry 2

mise en scène Martial Anton et Daniel Calvo Funes | texte (commande d’écriture) Ricardo Montserrat | création musicale Thomas Girardin |
avec Daniel Calvo Funes,
Leonor Canales, Sarah Floch

et les musiciens sur scène
Thomas Girardin et Vincent Guerin | scénographie conception
Martial Anton, Daniel Calvo Funes
et Michel Fagon | fabrication Michel Fagon | automatismes Yves Rollot | régie son Stéphane Le Roy
et Clément Braive | marionnettes Alexandra-Shiva Mélis et Daniel Calvo Funes | à partir des dessins de Juan Perez Escala | masques Alexandra-Shiva Mélis
et Juan Perez Escala | conseillère technique Rosario Alarcon | costumes Charlotte Pareja et Maryvonne Loury | création lumière Michel Fagon et Martial Anton | travail sur les rythmes flamencos Fernanda Cabral | conseillère pour le jeu masqué Leonor Canales | conseillère maquillages et coiffures Magalie Roux | conseiller son Gaël Witkowski | (L’Archipel, centre culturel – Fouesnant-les-Glénan)
Cette œuvre a bénéficié de l’aide à la création du Centre national du Théâtre.
du soutien de l’aide à la production et la diffusion du fonds SACD et du soutien de l’ADAMI I coproduction le TJP de Strasbourg - Centre dramatique d’Alsace, L’Archipel, centre culturel – Fouesnant-les-Glénan I avec le soutien de l’Arthémuse, centre culturel – Briec, Le Triskell, centre culturel – Pont-L’Abbé I remerciements à la MPT de Kerfeunteun – Quimper, Très Tôt Théâtre – Quimper, Le Festival Marmaille – théâtre Lilllico et La Paillette - Rennes
La compagnie Tro-héol est conventionnée avec le Ministère de la Culture et de la Communication DRAC de Bretagne, le Conseil Régional de Bretagne, le Conseil Général du Finistère et la commune de Quéménéven.

Théâtre de la Piscine à Châtenay-Malabry

SAVANNA, BESTIAIRE FANTASTIQUE

Amit Drori | création | théatre visuel

SAVANNA, UN PAYSAGE POSSIBLE
29 nov › 3 déc
mar, ven, sam 20h30 | mer, jeu 19h30
durée env.1h
Théâtre 71 à Malakoff

À voir Savanna, un paysage possible, la dernière création d’Amit Drori, on se dit qu’à l’avenir il faudra suivre ce jeune artiste israélien de près. Tant son spectacle s’apparente à une recherche au long cours sur la poétique des robots.

On peut aussi y lire un propos écologique aussi puisque Savanna qui, propose au fil de tableaux composés en direct l’image paradoxale d’une nature artificielle, se présente comme une forme de rêverie nostalgique autour de l’idée de paradis perdus. Cette idée s’apparentant ici très nettement à la faune sauvage, est associée par le commentaire d’une voix off — dont on aurait bien préféré qu’elle parle en hébreu — à l’enfance. Une petite antilope, délicate et rapide, un peu mascotte, traverse le plateau sur deux roues. Et deux éléphants majestueux aux grandes oreilles mobiles, une mère et son éléphanteau, animaux en voie de disparition aux comportements sociaux extrêmement élaborés. Ainsi la structure de bois brut des marionnettes-robots d’Amit Drori — du même bois dont sont faites les caisses de transport ostensiblement laissées sur le plateau — porte-t-elle en son sein des mécanismes sophistiqués. Cette simultanéité de l’envers et de l’endroit, de la coulisse et de la scène, du montré et du caché (les câbles, les ordinateurs, les télécommandes, tout est à vue), présentés comme un tout, manifeste une volonté de couper court à toute illusion qui n’enlève rien à la beauté des tableaux. Cependant il arrive que la complexité de la mise en place
des scènes — le temps que cela prend et le nombre d’intervenants que cela requiert — suscite une attente qui prend parfois un peu trop le pas sur le résultat.

Compagnon du Train Theater, compagnie israélienne qui créé principalement pour le jeune public, Amit Drori a déjà signé une demi douzaine de spectacles en son nom. Et se plaît, tel un inventeur de machines passionné, à explorer à chaque fois de nouvelles pistes électroniques. Son approche de la marionnette est avant tout visuelle.

Maïa Bouteillet

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Théâtre 71 à Malakoff

un projet d’Amit Drori | mise en scène et conception Amit Drori | avec Amit Drori, Sylwia Drori, Gai Sherf, Jérôme Vernez et Inbal Yomtovian |
scénographie Noam Dover | design des projections Michal Sara Cederbaum | vidéo Jérôme Vernez | musique Gai Sherf | animation et manipulation des animaux Sylwia Drori et Inbal Yomtovian
production déléguée Théâtre Vidy-Lausanne | coproduction Bonlieu Scène Nationale d’Annecy, Culturescapes Basel | avec le soutien de l’Ambassade d’Israël en France, Mamuta Pasal Center of Arts, Jerusalem