DIEGO LE GENEREUX

Diego Stirman | théâtre d’objets, manipulation culinaire, clown

LE BANQUET
18 & 19 novembre
ven, sam 20h30
durée 1h
Théâtre des Sources | Fontenay aux Roses

Diego Stirman est un personnage. Un showman hors pair. A n’en pas douter, le succès de ses spectacles, où se mêlent verve populaire et dimension plus critique, voire politique, tient avant tout à sa personnalité éminemment attachante. Médecin argentin émigré en Espagne en 1978, il a choisi la voie du « gai rire » depuis près de 30 ans.
Ceux qui ont goûté à ses Entremets, livrés en ouverture de saison du Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses, savent qu’il n’a pas son pareil pour chauffer une salle. Car sa manière à lui de faire du théâtre c’est d’être en prise directe avec les spectateurs — pas de quatrième mur qui tienne — quitte à en embarquer quelques-uns dans l’aventure. Méfiez-vous, il repère ses proies en rôdant dans la salle avant d’entrer en scène ! Un peu clown, un peu marionnettiste, manipulateur en tout genre à l’humour potache, Diego Stirman affectionne tout particulièrement les personnages de ratés que l’on retrouve souvent au fil de toutes ses créations.
Dans Le Banquet — eh oui, encore un titre lié à la nourriture ! — c’est un amoureux qui attend sa belle en vain. Le spectacle n’a qu’un rapport assez lointain avec l’œuvre de Platon dont Stirman se plaît à rappeler sur le ton de la private joke que « platon » en espagnol d’Argentine (prononcez « platone ») signifie une grosse assiette…
Malgré des airs d’impro totale sur un coin de table, le théâtre de Diego Stirman est d’une grande précision, au point de pouvoir se ménager de véritables espaces de liberté. Ainsi le spectacle n’est-il jamais tout à fait le même, puisque Diego le généreux joue chaque soir avec la salle.
On peut également s’en faire une assez forte idée en se rendant à Belleville, rue des Envierges (XXe arrondissement de Paris), dans le lieu alternatif El Clan destino qu’il ouvre chaque dimanche au public. Il y joue ses propres productions mais invite aussi d’autres artistes. C’est entrée libre, à la fin, il fait circuler le chapeau. L’art de Diego Stirman vient de la rue.

Maïa Bouteillet