Le diable se niche dans les détails

MA FOI | compagnie À

UN SOLO D’ACTRICE ET D’OBJETS SUR TABLE ENTRE LEÇON DE CATÉCHISME ET COURS D’ÉDUCATION SEXUELLE

Un mini jerrycane d’eau estampillé Lourdes, des crucifix à tous les étages et les plus grands succès de Sœur sourire en fond sonore… Il n’y a pas à dire, on est sur la bonne voie ! Petit précis de catéchisme en 30 minutes top chrono, Ma foi, qui s’inspire (très lointainement) du Concile d’amour d’Oskar Panizza, offre surtout l’occasion d’une petite pochade de clown et d’objets qui ne requiert pas spécialement de culture religieuse. Car le plus remarquable dans cette petite forme de la compagnie à, c’est le travail d’actrice de Dorothée Saysombat. Auteure et interprète du spectacle, elle joue à la table avec trois fois rien si ce n’est un habit de religieuse passablement élimé.

Quelques figurines de crèches, l’un ou l’autre objet du quotidien, qui fonctionnent davantage comme signes qu’en tant que tels — ainsi des prises de courant mâle et femelle, du tube de rouge à lèvres —, suffisent à la jeune femme pour déployer tout un scénario presque sans mot. Et l’on est vite tenté de rester fixé sur son visage et sur ses gestes tant elle en joue. Et bien fixé car, comme l’on sait, le diable se niche dans les détails. Dorothée Saysombat qui a étudié le clown en connaît un rayon !
Le spectacle existe en deux versions : la version caravane pour une quinzaine de spectateurs serrés comme des sardines et la version en salle, celle prévue à Bagneux, pour 50 spectateurs seulement, qui se joue dans une grande proximité avec le public. La proximité, c’est d’ailleurs le principal axe de travail de la jeune compagnie fondée en 2003 par Dorothée Saysombat et qui aborde chaque nouveau projet par la question du rapport au public.
Au Théâtre Victor Hugo de Bagneux, Ma foi est présenté dans la foulée de PuppetCrashtest et Ma biche mon lapin deux courtes formes de la compagnie Aïe aïe aïe avec laquelle « à » entretient des rapports complices.


Maïa Bouteillet


INTERVIEW

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