LE CRÉATEUR PAR LES SENTIMENTS

PYGMALION MINIATURE | 27 nov › 2 déc

AVEC PYGMALION MINIATURE, RENAUD HERBIN PROPOSE UNE PETITE FORME INTIMISTE QUI INTERROGE LE LIEN ENTRE L’ARTISTE ET SA CRÉATURE.

INTERVIEW

Marionnette contemporaine, telle est la mention associée au nom de la compagnie LÀ Où. Preuve que la marionnette pour Renaud Herbin est un terrain permanent d’expérimentation, qui n’est d’ailleurs pas attachée à une forme en particulier. Et c’est bien aussi ce que nous raconte son Pygmalion miniature, qui, au-delà de la fable d’Ovide, explore de très délicate façon toutes les facettes de la relation du créateur à sa créature, du vivant à l’inanimé. Comment insuffler de la vie à de la matière inerte ? La question travaille évidemment tout marionnettiste.
Et il n’est pas fortuit de signaler que le jeune artiste a créé ce solo peu avant sa nomination à la direction du TJP Centre dramatique d’Alsace, à la suite de Grégoire Callies — inaugurant ainsi (avec Johanny Bert nommé un an auparavant à la direction du CND de Montluçon) l’ascension d’une nouvelle génération de marionnettistes et la nouvelle visibilité d’un art de la scène qui, jusque là, peinait à se faire entendre. Renaud Herbin est aux commandes du TJP depuis un an mais il n’en a pas pour autant oublié ses camarades de compagnie,Julika Mayer et Paulo Duarte avec lesquels il a fondé Là où, à la sortie de l’école de Charlevilles-Mézières. Leurs échanges, essentiels dans le parcours artistique de chacun, se poursuivent aujourd’hui d’une autre manière mais les vieux complices ne sont jamais loin. Et c’est en complicité avec d’autres artistes aussi — en organisant des workshop, des résidences, des échanges avec d’autres structures (école d’architecture, TNS…) — que Renaud Herbin entend mener sa nouvelle aventure à la tête du TJP. Corps, objets, images… autant de territoires complémentaires qui font le socle des laboratoires menés à Strasbourg. À MARTO, Renaud Herbin était déjà venu, en 2010, lors de la Nuit de la marionnette, où il avait là encore profité de l’occasion pour mener des expériences, cette fois autour du papier. À son “Pygmalion miniature”, succèdera bientôt un Actéon miniature, toujours tiré d’Ovide et de ses Métamorphoses… Vaste terrain de questionnemment pour le théâtre de marionnettes.

Maïa Bouteillet

LA PRESSE EN PARLE