L’HEURE BLEUE

SIGNAUX

7 & 8 déc à 20h30

Avec Signaux — un premier spectacle créé alors qu’elle était encore à l’école de Charleville-Mézières — la jeune créatrice norvégienne Yngvild Aspeli tente de donner corps à l’absence.

Le manque, la douleur, l’absence, la solitude sont au cœur de Signaux. Inspiré d’une nouvelle de l’auteur norvégien Bjarte Breiteig, le spectacle raconte l’histoire d’un homme qui, ayant perdu sa main lors d’un accident survenu dans l’enfance, se trouve en proie à des douleurs fantômes. Il est hanté par la présence de ce membre fantôme, par son absence. Il ne se passe rien ou presque. L’homme passe ses journées dans sa chambre à attendre, assis derrière la fenêtre. Il n’y a pas de texte ou très peu. Les seuls événements qui surviennent sont les douleurs et l’apparition d’une femme chaque nuit, au dehors. Toute de bleue vêtue telle un personnage irréel, une fée, une vision. Bleue comme la main que l’homme a perdu, bleue comme la douleur. Bientôt, douleurs et apparition de la femme semblent se confondre…

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Qui est cette femme ? Que cherche-t-elle ainsi dans la nuit ? Yngvild Aspeli, dont la mise en scène, tout en nuance, avance par petites touches, par signes, se garde bien de nous livrer le fin mot de l’affaire et nous laisse emplis de questions. Au fil de scènes à dominante sombre, elle installe un climat propice à laisser surgir l’impalpable : la douleur, le manque, les fantasmes qui nourrissent la vie intérieure de l’homme à sa fenêtre. Et les dessins effectués au blanc de Meudon sur la fenêtre traduisent autant ce qu’il voit au dehors, que les images mentales, les traumas et les souvenirs qui obsèdent son esprit. Dehors, tout est blanc, les pas crissent dans la neige dure, des petits animaux sauvages surgissent : autant d’éléments d’une poésie minimale qui évoquent le grand Nord, la Norvège, autant qu’une vie de silence et de solitude…

Au passage, elle convoque aussi des ombres, un univers sonore et une présence d’acteurs. Yngvild Aspeli joue de tous les éléments du plateau pour construire son langage scénique. Venue en France pour se former à l’école Jacques Lecoq et sortie en 2008 de l’Institut de la marionnette de Charleville-Mézières, la jeune femme cultive les complicités avec d’autres artistes de la même promotion, ainsi de Polina Borisova, également programmée à MARTO qui a participé à la création du spectacle.

Maïa Bouteillet


INTERVIEW


LA PRESSE EN PARLE

d’après une nouvelle de Fantomsmerter de Bjarte Breiteig | mise en scène Yngvild Aspeli | acteurs-marionnettistes Pierre Tual, Laura Sillanpää et Yngvild Aspeli | marionnettes Yngvild Aspeli, Laura Sillanpä et Polina Borisova

Dans le grand Nord, un homme a perdu une main dans un accident. Chaque nuit, il est hanté par les douleurs irrationnelles qu’il ressent dans cette partie de son corps qui n’existe plus. Ces mêmes nuits, une femme erre toute seule aux abords de la maison…
Une création rythmée par la nuit boréale où l’on ne sait jamais s’il fait jour ou non. Un spectacle hypnotique, des sons étouffés comme une marche dans la neige. Un voyage sans parole, d’une beauté à couper le souffle, poétique et onirique.
La pièce est conçue d’après une nouvelle tirée du livre de l’auteur norvégien Bjarte Breiteg : Fantomsmerter (1998). Bjarte Breiteig est un des jeunes écrivains les plus prometteurs en Norvège. Particulièrement apprécié par la critique, il a reçu plusieurs prix.

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