Entre l’être et le paraître

"à part être"

29 & 30 novembre

Vidéo


Premier spectacle d’une jeune artiste qui aborde la marionnette au sens large pour interroger nos identités multiples.

Du vêtement carcan dicté par la mode à l’enveloppe corporelle, "À part être" met à nu nos fractionnements identitaires et nos mues successives. Et si la marionnette n’est pas immédiatement présente, la question de la manipulation (intrinsèque à la marionnette) est, elle, omniprésente. Le corps, objet manipulé par le regard de l’autre, asservi à une norme, uniformisé… Les individus tels qu’ils sont donnés à voir au début du spectacle de Carine Gualdaroni ont tout de pantins clonés, aliénés par leurs addictions.

Perdu dans l’ombre, chacun, isolé des autres, se construit une personnalité de toute pièce à l’aide de quelques accessoires. De cette entreprise artificielle, la jeune metteure en scène a su extraire une sorte de ballet lent et triste de gestes vides de sens où les corps contraints par l’habit se meuvent comme pris par le désespoir. Il y a quelque chose de l’enfer au fond de ce sac rouge tiré de l’obscurité…

Avec "À part être" Carine Gualdaroni reprend sur le métier un projet de fin d’étude ébauché en 2011, au sortir de l’Ecole nationale supérieure des arts de la marionnette. Dans cette version plus ambitieuse, créée à Châtillon, ils sont quatre interprètes au plateau ainsi qu’un musicien dont la partition créée en direct contribue à épaissir le propos.
Formée au départ à la sculpture, Carine Gualdaroni, tout juste trente ans, est marionnettiste au sens complet du terme : elle est metteure en scène mais aussi plasticienne et interprète. L’an dernier, elle a été constructrice de marionnettes pour Les Anges au plafond sur Les Mains de Camille et aussi interprète pour Renaud Herbin dans Actéon miniature.
Cette année, outre son propre projet, elle a été assistante de Claire Heggen pour Ombre Claire, laquelle l’a assistée sur "À part être" – l’une et l’autre développant ainsi un véritable compagnonnage… Par le passé, Carine Gualdaroni a travaillé avec Serge Noyelle, l’ancien directeur du Théâtre de Châtillon où lui est offert aujourd’hui la possibilité de cette création.

Maïa Bouteillet