Fontenay-aux-Roses

Ouroboros, portrait en creux de l’Afrique du sud

Ouroboros | Handspring Puppet Company (dans le cadre de la saison France/Afrique du Sud)

24 nov à 16h | Fontenay-aux-Roses

Célèbre pour ses spectacles engagés la compagnie sud africaine Handspring puppet débarque en France avec une pièce plus intimiste.

Un serpent qui se mord la queue, deux extrêmes qui se rejoignent… Symbole antique, l’Ouroboros évoque le cycle de la vie. La jeune artiste Janni Younge a-t-elle songé à l’histoire particulière de son pays, l’Afrique du Sud, en créant Ouroboros ? Comment ne pas y penser, en effet, face à cette difficile union entre un homme blanc et une femme noire ? Union faite de tiraillements incessants et qui aboutira finalement, en dépit de nombreux obstacles. Vue d’ici, la métaphore saute aux yeux ! En Afrique du Sud, lorsque le public voit, au début du spectacle, la femme noire apporter le thé à l’homme blanc, chacun pense spontanément qu’elle est à son service. La partition est encore dans les tête.
La marionnettiste affirme avoir d’abord voulu raconter une histoire d’amour entre deux êtres qui ne parviennent pas à se rejoindre tant ils sont traversés par des élans contradictoires, des douleurs remontant à l’enfance, des peurs et des doutes. La pièce s’inspire des poèmes de l’Américain Billy Collins pour évoquer l’éternel retour, le cycle de la vie de l’enfance à la mort où tout se recréé sans cesse. Ainsi les deux personnages, du poète et de la danseuse nous apparaissent-ils à trois âges : l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse sont présents simultanément sur le plateau. La mort est omniprésente “mais ce n’est pas triste, c’est une énergie du vide” explique Janni Younge : la mort fait partie de la vie.

Il n’y a pas de texte, pas de dialogue : c’est au spectateur de trouver le fil, aidé en cela par une manipulation d’une grande finesse qui permet de glisser d’un tableau à l’autre avec une grande fluidité. Le dispositif est très simple : il y a très peu d’éléments de décor ; les grandes marionnettes manipulées façon bunraku sont posées sur des tables à roulettes actionnées par les performeurs. Ce qui permet des entrées et des sorties rapides et légères. Chaque scène est composée à la manière d’un tableau, chaque élément qui s’ajoute vient préciser le sens.
La précision des gestes est fascinante, les marionnettes créées par Janni Younge impriment une présence d’une grande force. Beaucoup de choses restent inexpliquées mais c’est ce qui fait toute la beauté, toute la poésie du spectacle. Il faut se laisser voyager dans ce monde intérieur sans craindre de ne pas comprendre.

Maïa Bouteillet

Vidéo

Manifestation organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud - France 2012 & 2013
www.france-southafrica.com
mise en scène Janni Younge en collaboration avec Adrian Kohler | en collaboration avec Basil Jones | musique Neo Muyanga | création sonore Daniel Eppel | lighting Mannie Manim | animation Michael Clark | chorégraphie Mamela Nyamza | poème Aristote de Billy Collins | ombres Nieke Lombard | voix-off Guy Delancey | avec Jason Potgieter, Cindy Mkaza, Gabriel Marchand, Chuma Sopotela, Alude Mahali, Beren Belknap
Production Handspring Puppet Company Production associée Quaternaire / Sarah Ford

Ouroboros

Handspring Puppet Company (dans le cadre de la saison France/Afrique du Sud)

24 nov à 16h

mise en scène Janni Younge | En collaboration avec Adrian Kohler | En collaboration avec Basil Jones | musique Neo Muyanga | création sonore Daniel Eppel lighting Mannie Manim | animation Michael Clark | chorégraphie Mamela Nyamza | poème Aristote de Billy Collins | ombres Nieke Lombard | voix-off Guy Delancey | Avec Jason Potgieter / Cindy Mkaza / Gabriel Marchand / Chuma Sopotela / Alude Mahali / Beren Belknap

À l’occasion de la saison France-Afrique du Sud, la prestigieuse Handspring Puppet Company vient présenter Ourobouros à Fontenay-aux-Roses, dans le cadre de MAR.T.O.
Un événement exceptionnel à ne rater sous aucun prétexte !

La Handspring Puppet Company est connue dans le monde entier pour son excellente manipulation des marionnettes et la créativité de ses metteurs en scène associés.
Ourobouros raconte une histoire d’amour entre une danseuse et un poète qui, malgré les adversités, trouveront le courage de vivre leur passion.
Au fil des différentes transformations de leurs marionnettes, ces deux personnages évoluent sur scène, prenant à témoin le public pour conter leur vie - de l’enfance à la mort. Cette pièce, inspirée des poèmes de l’américain Billy Collins, offre à voir une superbe interaction entre manipulateurs, marionnettes, théâtre d’ombres et animation. Ourobouros n’est pas une pièce traditionnelle.
Elle s’articule dans le temps et l’espace, dans des paysages intérieurs et extérieurs.
Il faut regarder Ourobouros comme si on lisait un poème, laisser les images et les histoires tisser des liens et faire confiance à sa propre interprétation.