Clamart

La nuit de la marionnette

22 NOV de 19h30 à l’aube | Théâtre Jean Arp

Du parking au cinéma, des loges aux bureaux, attention, les marionnettes envahissent le Théâtre Jean Arp ! Pour la sixième année consécutive, nous vous proposons une folle déambulation à travers les méandres du théâtre, de la tombée du jour à l’aube.
Lors de cette Nuit à nulle autre pareille, prioritairement destinée au public adulte, plus d’une dizaine de troupes se côtoient, parmi lesquelles de grands noms de la marionnette et du théâtre d’objet et de jolies découvertes ; les uns et les autres offrent un panorama haut en couleur de tout ce qui existe en la matière.

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> LA CHEVELURE | Cie Peau rouge
Aurélie Hubeau | marionnette | 25 min
Ce spectacle intime et frissonnant met en scène la marionnette d’un homme en prise avec une chevelure trouvée au fond d’un vieux meuble. Entre ces doigts, la magnifique relique dorée devient mouvante, ondoyante éminemment charnelle. Elle l’obsède et, à travers elle, celle qui les portait, la coiffait et un jour la coupa : la femme. Cette petite forme mystérieuse, librement inspirée de Guy de Maupassant, donne à voir des vies basculant de l’autre côté, celui des rêves, du fantasme et du surnaturel.

> LES INTIMITES DE L’HOMME-ORCHESTRE | Cie La Mue/tte
Santiago Moreno| théâtre d’objet et musique | 30 min
Des instruments, reliés à différentes parties du corps du musicien par tout un réseau de fils et de poulies, constituent un personnage intégralement musical, qui livre aux yeux et aux oreilles un concert joué comme une grande mécanique accordée. Un personnage insolite et curieusement rythmique qui s’avère être la clé d’une progression ingénieuse.

> VERRUE | Cie Pseudonymo
David Girondin Moab | théâtre d’objets, masque et autres techniques marionnettiques | 20 min
Une verrue est une petite excroissance de la peau... Une petite lésion qui peut être induite par un microtraumatisme et qui peut apparaître sur presque toutes les régions du corps. Mais là, ce qui nous intéresse, c’est la sorcière, juste derrière la verrue. Et dans la sorcière, toutes les sorcières des contes...

> L’APPARTEMENT A TROUS | Patrick Corillon
Patrick Corillon | théâtre d’objets | 60 min
Sur une table aux multiples tiroirs, Patrick Corillon redonne vie à des cahiers de dessins réalisés par des prisonniers condamnés à une mort certaine. Leurs dessins de personnages et de paysages accompagnaient les histoires qu’ils se racontaient pour garder espoir. S’il est bien connu que les histoires peuvent nous sauver, y parviennent-elles parce qu’elles ont le pouvoir de nous emmener hors du monde, ou au contraire parce qu’elles nous donnent la force de nous confronter aux réalités les plus dures ?

> LA MAISON PRES DU LAC | Yael Rasooly et Yaara Goldring
Edna Blilious, Rinat Sterenberg, Yaara Goldring et Yael Rasooly | marionnette, objet | 60 min
Alors que le monde s’écroule autour de trois soeurs, les corps des comédiennes se confondent aux morceaux cassés des poupées ou bien se transforment en instruments de musique... La chambre/cachette éphémère se transforme en cabaret et nous fait deviner l’horreur sans la dévoiler tout à fait. L’humour se mêle au tragique.

> SOLEIL COUCHANT | Tof Théâtre
Alain Moreau | marionnette | 35 min
Dans la douceur d’une fin de journée ensoleillée, un homme prépare avec entrain sa dernière oeuvre… Sans un mot, il nous parle du temps qui passe, de ce qui se casse et qui se perd…

> CITIZEN P | Cie La Mandale
Silvia Di Placido et Hugo Quérouil | castelet et marionnettes à gaine | 45 min
Pulcinella, célèbre marionnette à gaine issue de la tradition italienne, est morte. Les médias du monde entier couvrent l’évènement. Ses derniers mots : « rose-beef ! », restent un mystère. À partir de cette énigme, l’enquête sur le passé de ce personnage est lancée afin d’élucider la question…
> CHASSE AU CERF | court métrage de Julie Faure-Brac
avec Simon Delattre | vidéo et marionnette
Dans une forêt changeante au fil des saisons et des heures, entre réalité et fantasme, se produit une étrange chasse au cerf. Un cerf, fait de papier et de traits de crayon est poursuivi par un chasseur manipulateur de marionnette. Leur relation est ambiguë, parfois ils ne font qu’un. Ils naissent, meurent ensemble et se transfigurent.

> ROUGE CHAPERON | cie Mouka
Claire Rosolin et Marion Bourdil | marionnette et théâtre d’objet | 45 min
Ce spectacle est une plongée dans le conte cruel du Petit Chaperon Rouge, monde mouvant, minuscule et imprévisible. Ici, ustensiles de cuisine, marionnettes et manipulateurs se glissent dans la peau des personnages et nous entrainent à la dérive de nos fantasmes, dans un univers d’une poésie tendre et saignante.

> MIA-MORT | Théâtre Golondrino (création)
Christophe Croës | marionnette sur fils | 40 min
Dans cette nouvelle création, Christophe Croës aborde avec nostalgie et poésie la question de la mort d’un amour ou d’un être cher. L’histoire d’un rapport de force toujours sur le fil entre un chat, Hyppolite, et un fantôme, Mia, qui persiste à vouloir s’échapper. Mettant en scène des marionnettes aux expressions fines et à la manipulation élaborée, cette nouvelle performance est un cri d’amour universel, une invitation à laisser partir les êtres que nous avons aimés.

> JULIETTE + ROMEO = AESD | Scopitone & Cie
Cédric Hingouët | marionnette, théâtre d’objet | 45 min
Scopitone & Cie propose dans ce nouvel opus, une version moderne, épurée et décalée de la fabuleuse histoire des amants de Vérone grâce à la marionnette, au théâtre d’objets et au mouvement chorégraphié.
Après avoir égratigné les contes de Perrault et d’Andersen (entre autres), Scopitone & Cie continue à revisiter ses classiques sur support vinylique et présenter à un large public sa nouvelle trouvaille, non plus en 45, mais en 33 tours microsillon.

renseignements et réservations 01 41 90 17 02
www.theatrejeanarp.com
TARIF UNIQUE 26 €

SUR PLACE de 20H à l’aube LE BAR-RESTAURANT L’AUTREMENT BON, vous accueille toute la Nuit à partir de 19H30 au 1er étage du Théâtre Jean Arp

L’ESPACE LIBRAIRIE (en partenariat avec la librairie Entre les lignes à Clamart) vous accueille à partir de 19H30

POINT INFORMATION sur les lieux marionnettes en Île-de-France

Le Grand Soir

Pour la 6e année consécutive, le Théâtre Jean Arp bouscule nos habitudes de spectacle avec la Nuit de la marionnette.

La Nuit de la marionnette 2014 !


Du parvis au parking, en passant par les loges, les bureaux, les coulisses et la salle, une dizaine de compagnies — des chevronnées et des toutes nouvelles — nous tiennent en éveil jusqu’au bout de la nuit avec les formes les plus diverses. Programmé en ouverture, sur la grande scène, La Maison près du lac de l’Israélienne Yaël Rasooly est un spectacle saisissant qui a déjà pas mal tourné à l’international mais très peu en France. Glissées dans des corps de marionnettes kokoschka, qui les font ressembler à des poupées, les trois sœurs s’évertuent à jouer et à chanter tandis que le monde s’écroule autour d’elles. La chambre d’enfant n’est plus un abri sûr et l’horreur pointe derrière l’humeur cabaret.

La Maison près du lac

Avec La Chevelure, la jeune Aurélie Hubeau imagine un dispositif au plus près du spectateur pour nous fait entendre une courte nouvelle de Maupassant où le fétichisme confine au fantastisque. Santiago Moreno, lui, débarque intégralement transformé en une folle machinerie musicale où les instruments et le corps sont complètement reliés pour jouer Les Intimités de l’homme-orchestre.
La compagnie Pseudonymo, qui a déjà fait beaucoup parlé d’elle, fait dans le très petit avec Verrue, en scrutant de près une petite excroissance de la peau et… la sorcière qui va avec. Avec L’Appartement à trous, de Patrick Corillon, on entre dans l’histoire par un jeu de tiroirs et de cahiers à dessin. Ce quasi inconnu dans le monde de la marionnette est un plasticien belge reconnu qui a exposé dans les plus grandes biennales d’art contemporain, et qui, de performances en conférences, a finalement glissé vers le théâtre d’objet.

L'appartement à trous © Yves Gabriel

Déjà présent l’an dernier avec l’hilarant Dans l’atelier, le Tof théâtre revient avec un spectacle radicalement différent et d’une infinie délicatesse : sans un mot, avec des petits gestes de rien qui nous vont droit au cœur, Soleil couchant évoque la fin, la perte, les derniers instants, la fuite du temps.

Avec Citizen P, la compagnie de la Mandale retrace le mythique parcours de Pulcinella dans la (presque) plus pure tradition, en castelet et marionnettes à gaine. Tradition encore, avec le Théâtre Golondrino compagnie de rue qui pratique la marionnette à fil dans une manipulation élaborée et raconte, à travers la petite forme Mia-Mor, la mort d’un être cher.
La compagnie Mouka s’attaque au Petit chaperon rouge avec des ustensiles de cuisine, des marionnettes, de la poésie et beaucoup d’humour. De l’humour, les Scopitone n’en manquent pas non plus : ils étaient là à l’une des premières Nuit de la marionnette, ils reviennent avec Juliette+ Roméo = AESD, une version assurément décalée de la fameuse histoire des amants de Vérone.

Enfin, un programme de court-métrages sera proposé, dont La Chasse au cerf de Julie Faure-Brac avec Simon Delattre, un très beau film où se mêlent marionnette et paysage dans un climat emprunt de mystère, de fantasme et de poésie qui rappelle un peu les Métamorphoses d’Ovide.

Faites vos jeux !


Maïa Bouteillet

De Passage

Stéphane Jobertie | Johanny Bert | durée 1h

27 & 28 NOV | jeu 19h30 | ven 20h30 | Théâtre Jean Arp

Hier, aujourd’hui et demain, les trois temps du voyage d’un enfant remonte jusqu’au secret enfoui de ses origines. Le conteur chuchote et le théâtre d’ombres et d’images nous fait cheminer dans une intimité lumineuse. Grâce au dispositif sonore, les mots s’attaquent, aux creux de nos oreilles, à l’indicible, à la fragilité du monde, à l’éphémère aussi, avant de se faire images en noir et blanc. Une aventure du sensible qui parle aussi d’amour.

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de Stéphane Jaubertie / mise en scène Johanny Bert / assistant à la mise en scène Thomas Gornet* / avec Ludovic Molière, Maxime Dubreuil, Laëtitia Le Mesle*, Christophe Luiz, Cécile Vitrant* / objets, accessoires et marionnettes Judith Dubois et Amandine Livet / scénographes associés Éric Charbeau, Philippe Casaban / création sonore François Leymarie / création lumières David Debrinay
* acteurs Fracas
Production (en cours) : Le Fracas - centre dramatique national de Montluçon, Les Tréteaux de France – centre dramatique national.
Avec le soutien du Théâtre du Phare – Olivier Letellier (Champigny-sur-Marne).

De Passage, chemin vers soi

27 & 28 nov

Johanny Bert est un habitué du festival MAR.T.O. où il a déjà présenté deux créations en 2009 et en 2012. Invité à nouveau cette année, le jeune metteur en scène et directeur du Fracas -CDN de Montluçon, s’aventure dans une nouvelle forme.

Adressé à la 2e personne du singulier, De Passage de Stéphane Jaubertie nous entraîne à la suite d’un enfant de 9 ans dans la découverte du secret de sa naissance. “Tu peux voir dans le noir” nous dit le narrateur tout au début, comme ce garçon qui, ne pouvant trouver le sommeil, enfile ses bottes et son manteau par dessus son pyjama pour traverse la ville en pleine nuit, en plein hiver et retrouver sa mère. Porté par une seule voix, le texte de Jaubertie file, entre fable et poésie, comme tendu d’un point à un autre, pris dans l’urgence que met l’enfant à découvrir la vérité. Un voyage intérieur, un parcours initiatique pour lequel Johanny Bert a conçu un théâtre d’ombres dans un rapport intime au spectateur.

C’est la première fois que le jeune artiste (34 ans) se frotte à la délicate technique de l’ombre. Comme à chaque nouvelle création, c’est d’abord le texte qui commande à la forme, qui lui impose une direction. De fait, Johanny Bert fait partie de ceux qui expérimente une nouvelle voie à chaque nouveau projet — son dernier projet présenté à MAR.T.O., l’Émission de Sabine Revillet, était une petite forme en appartement s’appuyant sur la manipulation de figurines Playmobil. Jusqu’à présent, il n’a monté que des textes contemporains — et ce ne sont pratiquement que des auteurs contemporains qui sont défendus au Fracas — bien qu’il envisage d’affonter la vaste fresque de Peer Gynt d’Ibsen, dans une nouvelle traduction d’Eloi Recoing. La marionnette, chez Johanny Bert, est une notion très fluctuante qui s’accompagne, là comme à chaque fois, d’un solide travail d’acteur.

Cette fois, ils travaillent derrière l’écran à composer des tableaux très imagés comme au fil d’un album pour enfant. La narration est assumée par un acteur seul qui dit le texte en bord de plateau face au public sur un ton égal, presque distant. C’est lui fait le lien de part et d’autre de l’écran et parfois rejoint l’envers du décors, se transformant en ombre à son tour, comme pour nous rapprocher de ce que l’on voit.
Pour conduire cette histoire qui soulève les questions essentielles de l’origine et de la filiation, mais aussi de la maladie et de la mort, Jaubertie a recourt à un imaginaire porteur d’espoir, emprunt de poésie. De Passage nous touche d’autant plus, que par un dispositif sonore sophistiqué (créé par François Leymarie, collaborateur de longue date de Joël Pommerat au son), chaque spectateur reçoit le texte comme dans une bulle, la quête est tout autant intérieure que tangible, et chacun se trouve renvoyé à son propre cheminement. Jusqu’au dénouement final où les spectateurs sont enfin réunis…

Maïa Bouteillet

Josette Forever !

cie Garin Trousseboeuf | Patrick Conan | durée 1h

2 › 6 déc | mar, jeu, ven 14h15, 19h et 21h | mer 10h,19h et 21h | sam 15h, 19h et 21h | Théâtre Jean Arp

Un spectacle déambulatoire en hommage à Josette, personnage emblématique de la compagnie Garin Trousseboeuf. Munis de lampes torches et de charentaises (si, si !), vous découvrirez la vie de Josette, une drôle de marionnette-sac avec une plume sur la tête.
Conçue il y a 15 ans, cette petite vieille acariâtre, impertinente, menteuse et vindicative a voyagé partout dans le monde et fait la réputation internationale
de son créateur.
Jocko et Potat’ch, deux vieux frères, consacrent leur vie à entretenir et célébrer la mémoire de Josette. Ils ont bâti un musée, une sorte de « Josettarium » à la gloire de celle qui pourrait avoir été leur mère. L’un des frères est le gardien et le régisseur du lieu, l’autre est chargé d’enquêter sur l’existence éventuelle de Protojosettes, c’est-à-dire des formes primitives de Josette.

Un spectacle drôle et décalé, plastiquement très beau où, en moins d’une heure, vous passerez d’une forme de conférence à un spectacle puis à une visite guidée. Bon spectacle !

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conception Patrick Conan et Francis Debeyre | mise en scène Patrick Conan | avec Jean-Marc Hervé et Patrick Conan
Production Compagnie Garin Trousseboeuf. Coproduction Le Kiosque et le Musée du Château de Mayenne. La compagnie est subventionnée par la DRAC et la Région des Pays de la Loire, le département de Loire-Atlantique et la ville de Savenay.

Josette forever ou comment s’en débarrasser

Interview Maïa Bouteillet


On l’a déjà vue à la Nuit de la marionnette. Josette, figure phare de la compagnie Garin Troussebœuf, tire sa révérence en grand format.

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Qui eût cru que Josette ait la peau si dure ? Créée il y a plus de douze ans, à l’occasion d’un très sensible et juste spectacle sur la grande vieillesse, La Nuit des temps… au bord d’une forêt profonde, Josette est devenue une véritable héroïne de série. Petite figurine fragile au chapeau mou et au corps sac, elle a pris du poil de la bête et a fini par imposer son style au point que la marionnette en sac est devenue un genre en soi, emblématique de Garin Troussebœuf. Compagnie dorénavant reconnue comme pionnière dans ce nouveau genre marionnettique, elle s’est aventurée sur différents terrains narratifs, souvent avec humour et toujours avec Josette en prima donna.
Tant et si bien que Patrick Conan, le maître d’œuvre de l’aventure, a décidé de raccrocher les wagons et de voler vers d’autres horizons. Mais avant cela, de tirer sa révérence en grand format. Sans dévoiler tout le dispositif qui se cache derrière le sous-titre, “archéologie apocryphe d’une figure contemporaine”, disons juste que le spectacle se déroule en plusieurs temps et que Patrick Conan, qui pour l’occasion enfile le costume du marionnettologue, se livre à une sorte de vraie fausse conférence sur les Josette et autre protoJosette.

Disons aussi que pour examiner le sujet sous tous les angles, Conan s’est adjoint des compères comparses en josettologie : Patrick Smith, scénographe et plasticien du théâtre de la Licorne, pour l’espace ; Laurent Contamin, dramaturge, pour le texte ainsi que des musiciens complices.
Plutôt que d’emprunter les voies de la nostalgie, ceux-là ont choisi les chemins de traverses. Assurément ils se sont bien amusés.

Maïa Bouteillet

Travaux d’aiguille

Cœur cousu

Cœur cousu a suscité déjà plusieurs adaptations à la scène. On le découvre ici dans la délicate version des Baltringues hors les murs, au domaine de Sceaux.

INTERVIEW DE MAÏA BOUTEILLET

Des boîtes, du fil, de la laine... Le Cœur cousu de Carole Martinez appelle assurément l’objet et la marionnette et le dispositif des Baltringues tient à la fois du castelet et de la boîte à couture. De ces anciennes boîtes sur roulettes avec renfort de tiroirs, presque un meuble d’où surgissent les marionnettes : Frasquita la principale protagoniste mais aussi sa grand-mère et tous les autres villageois qui guettent et supputent derrière les volets de leurs maisons...


Joué sur le ton de la confidence par une seule comédienne, le spectacle se déroule dans l’espace réduit d’une table. La lumière suit l’évolution de la narration, n’éclairant que certains éléments, laissant les autres dans l’ombre. L’ombre du secret transmis de femme en femme depuis des générations. Ecrit par une descendante d’immigrés espagnols, le roman déploie un monde de femmes qui semble séparé de celui des hommes qui font la loi, dans une Espagne rurale du sud. Un monde magique où les femmes s’arrangent à leur façon et où les attributs pour tenir au mieux leur rang d’épouses et de mère, ces fils et ces brins de laine, leur servent aussi pour nouer des destins telles les arques, broder des Phistoires. Les marionnettes des Baltringues, jeune compagnie basée à Lille, sont de cette étoffe-là. Fascinantes poupées de chiffon dont les coutures apparentes marquent comme des blessures sur leurs petits visages...

Maïa Bouteillet

Cœur Cousu

Collectif des Baltringues | durée 55 min

4 & 5 DEC | jeu, ven 20h30 | Théâtre Jean Arp

Depuis la nuit des temps, une lignée de femmes se transmet une boîte mystérieuse… Cette boîte ne doit pas être ouverte avant neuf mois, pour que son contenu ne s’évanouisse pas dans l’air. Une ribambelle de marionnettes et d’objets rouillés, découpés, ciselés, taillés, s’animent sur les chants flamenco qui fondent dans la bouche et donnent corps et saveurs aux douces folies d’une réalité fantastique.

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adapté et interprété par Julie Canadas / regard extérieur Amalia Modica et Anne Sophie Dhulu / marionnettes Alexandra Basquin / d’après Le Cœur cousu de Carole Martinez (Éd. Gallimard)
Production : Collectif Les Baltringues Coproduction : Ville de Douchy-les-Mines, Ville de Noyelles-Godault et Ville de Saint-Amand-les-Eaux. Avec le soutien : de la Maison Folie Moulin de Lille, Printemps Culturel du Valenciennois.
D’après le roman de Carole Martinez (© Ed. Gallimard).