Josette forever ou comment s’en débarrasser

Interview Maïa Bouteillet


On l’a déjà vue à la Nuit de la marionnette. Josette, figure phare de la compagnie Garin Troussebœuf, tire sa révérence en grand format.

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Qui eût cru que Josette ait la peau si dure ? Créée il y a plus de douze ans, à l’occasion d’un très sensible et juste spectacle sur la grande vieillesse, La Nuit des temps… au bord d’une forêt profonde, Josette est devenue une véritable héroïne de série. Petite figurine fragile au chapeau mou et au corps sac, elle a pris du poil de la bête et a fini par imposer son style au point que la marionnette en sac est devenue un genre en soi, emblématique de Garin Troussebœuf. Compagnie dorénavant reconnue comme pionnière dans ce nouveau genre marionnettique, elle s’est aventurée sur différents terrains narratifs, souvent avec humour et toujours avec Josette en prima donna.
Tant et si bien que Patrick Conan, le maître d’œuvre de l’aventure, a décidé de raccrocher les wagons et de voler vers d’autres horizons. Mais avant cela, de tirer sa révérence en grand format. Sans dévoiler tout le dispositif qui se cache derrière le sous-titre, “archéologie apocryphe d’une figure contemporaine”, disons juste que le spectacle se déroule en plusieurs temps et que Patrick Conan, qui pour l’occasion enfile le costume du marionnettologue, se livre à une sorte de vraie fausse conférence sur les Josette et autre protoJosette.

Disons aussi que pour examiner le sujet sous tous les angles, Conan s’est adjoint des compères comparses en josettologie : Patrick Smith, scénographe et plasticien du théâtre de la Licorne, pour l’espace ; Laurent Contamin, dramaturge, pour le texte ainsi que des musiciens complices.
Plutôt que d’emprunter les voies de la nostalgie, ceux-là ont choisi les chemins de traverses. Assurément ils se sont bien amusés.

Maïa Bouteillet