Bagneux

LADY MACBETH, LA REINE D’ÉCOSSE

Compagnie Akselere | création

Vendredi 18 & samedi 19 mars 2016 à 20h30

VIDÉO LADY MACBETH, LA REINE D’ÉCOSSE


« Nous sommes dans une tragédie de William Shakespeare. La pièce porte le nom de mon mari mais il ne faut pas le prononcer car ça porte malheur. Alors on l’appelle la pièce Écossaise. The Scottish Play. Nous en sommes à l’Acte V, scène V. Je viens de me suicider et mon mari va mourir dans 7 pages et demi. Shakespeare l’a écrit comme cela. Et c’est le temps que j’ai pour vous raconter comment on en est arrivé là. »

Son spectre attablé aux côtés des trois sœurs fatales, Lady Macbeth nous raconte son histoire, le poids de l’invisible, de la culpabilité et de la tourmente. L’ombre sert la dramaturgie, le décor devient le terrain d’expérimentation de la manipulation d’objet et les mots… Shakespeariens of course !


Mise en scène Colette Garrigan | Dramaturgie Pauline Thimonnier | Création marionnettes Colette Garrigan, Laura Muller | Laboratoire de recherche Colette Garrigan, Laura Muller, Samuel Frin, Nicolas Tritschler, Franck Lawrence, Antoine Quoniam, Jean-Louis Heckel

Production Cie Akselere | Coproductions Espace Jean Vilar Ifs, Théâtre Le Passage Fécamp, L’Archipel Granville, Théâtre Municipal Coutances | Soutiens et Accueil Résidence Bazarnaom Caen, Théâtre Le Passage Fécamp, La Halle aux Grains Bayeux, le CRéAM Dives sur mer, L’Archipel Granville, la Nef Pantin, l’Espace Jean Vilar Ifs.
www.compagnieakselere.com

Lointain souvenir de Macbeth

Quelques années après Crowning Glory, on retrouve Colette Garrigan chez Shakespeare.

Lady Macbeth est-elle soluble dans le théâtre d’objet ? Avec très peu, avec des éléments du quotidien comme elle sait si bien le faire — un grille-pain, du sel, des carafes, des verres et des chaises — Colette Garrigan traverse les grands moments de la tragédie shakespearienne.

“La reine, Monseigneur, est morte”.


La marionnettiste a choisi l’acte V, scène V, (on est déjà pratiquement à la fin de la pièce), pour nous faire entrer dans le froid château de Macbeth.
Éteins-toi, éphémère chandelle, éteins-toi ! La vie est une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis qu’on cesse d’entendre”.
Ces mots par lesquels Macbeth accueille la mort de son épouse, font complètement écho au spectacle de Colette Garrigan.
Les bougies, les grandes ombres, la nuit terrible, le vent, tout y est pour nous faire revivre “la pièce écossaise”, telle qu’elle a marquée sa mémoire de native de Liverpool. Une pièce folle dont il n’était pas possible de prononcer le nom sous peine de malédiction. “La pièce écossaise”, disait-on dans sa famille irlandaise. Le projet de Colette Garrigan qui endosse tous les rôles, y compris celui du narrateur, est moins d’interpréter Macbeth que de nous livrer un fantôme de la pièce, un relent de cette tragédie qui l’a impressionnée, enfant. Aussi on n’est pas si loin du cycle de Liverpool, 36e dessous et Mary Brown, inspirées de sa propre jeunesse.

On est à la fois dans la mémoire de Colette Garrigan et dans celle de Lady Macbeth, mais une lady Macbeth déjà morte, un spectre comme les affectionne Shakespeare, qui rejouerait la tragédie pour tenter de comprendre comment elle a pu dévier ainsi vers le mal. Car cette question sous-tend tout le propos. Le texte original lui même n’apparaît que par écho, dans la scène des sorcières, par exemple, où elle cite la première scène de l’Acte I.
Certains regretteront peut-être que l’actrice anglaise ne nous offre pas la pièce dans sa langue d’origine mais le texte n’est pas le souci premier de la marionnettiste qui œuvre plutôt à recréer le climat, un souvenir jusque dans la manipulation du son, avec ce vent qui hurle dans la lande, les ricanements des sorcières, les éclats de verre qui se brisent, le sang sur les mains qui ne se lave pas. La pièce n’étant plus que le fantôme d’elle-même…

Maïa Bouteillet


VIDÉO à voir ici