Meudon

Monsieur Watt suivi de Dans l’atelier

Compagnie Des Fourmis dans la Lanterne / Tof Théâtre

mardi 22 mars à 20h | dès 7 ans

MONSIEUR WATT
durée 20 min
Compagnie Des Fourmis dans la Lanterne
Cette fable amusante met en scène Mr Watt, une vieille ampoule à filament. Confortablement logé dans sa lampe de chevet, il mène une existence bien organisée sur la table de nuit du Grand-Père, jusqu’à ce qu’un petit nouveau à économie d’énergie vienne déranger son petit monde...Entre l’obsolète sentimental et le neuf rutilant, la guerre est déclarée !
Mêlant marionnette, masque et objet détourné, ce petit poème vivant et inventif, pour petits et grands, ouvre le débat sur l’éclairage éco-logique et responsable.

Auteur interprète Pierre-Yves Guinais | Regard extérieur Coline Morel | Bruitages Laure Andurand | Musique Etienne Lautem | Masque Simon Delattre


<sjcycle156|center>

DANS L’ATELIER
Durée 20 min
Suivi du « Chantier Frigolite »
Durée environ 1h
Tof Théâtre

VIDÉO
TOF THÉÂTRE DANS L’ATELIER & SOLEIL COUCHANT

Une marionnette tente d’achever elle-même sa construction. Elle se dessine un visage dans un cube de polystyrène (« frigolite » en belge) qui se révèlera être méchante et agressive… Le petit personnage luttera avec les éléments, la matière, les objets et parfois même avec ses manipulateurs qu’il n’hésitera pas à tyranniser…

Conception, écriture, mise en scène, scénographie et marionnettes Alain Moreau | Jeu Sarah Demarthe, Emilie Plazolles / Angela Malvasi et Yannick Duret (en alternance)


Pour avoir plus d’infos sur le Chantier Frigolite appeler l’Espace Culturel Robert Doisneau.
Animation Chantier Frigolite Sarah Demarthe, Emilie Plazolles, Bao Ngouansavanh, Angela Malvasi et Yannick Duret

Création des musiques Max Vandervorst | Création des éclairages Dimitri Joukovsky | Aide à la création et au scénario Gilbert Epron et Dimitri Joukovsk | Assistante à la scénographie Sarah Demarthe | Photos Melisa Stein | Construction de la structure du décor Margaud Carpentiers | Diffusion My-Linh Bui | Co-production Arsenic

Le grand retour du Tof théâtre

La compagnie belge, qui détient sans doute le record du nombre de représentations à MARTO !, revient avec deux spectacles on ne peut plus différents.

Si ce n’est qu’on retrouve comme toujours la question du rapport marionnette/manipulateur. Dans l’atelier, qui met aux prises le marionnettiste à sa marionnette sur l’établi, tient presque de la pochade. Sous couvert de révéler les coulisses de la fabrication, Dans l’atelier (présenté à Meudon), interroge les rapports de l’artiste à la matière, filant le scénario du pire où la marionnette, se découvrant une vie autonome et des instincts carnassiers, se métamorphose en une créature façon Frankenstein. Quand je suis dans l’atelier, je prends mon bloc de polystyrène, je commence à tailler et c’est comme ça que naissent les idées, en construisant un personnage, je commence à écrire son histoire, explique Alain Moreau, dans un entretien à la revue Ubu qui fait particulièrement écho à ce
spectacle. La dramaturgie vient de la matière. Les choses naissent progressivement
et parfois changent en cours de route. Après je les mets dans la main de comédiens
qui y apportent leur propre patte. Mais il y a des marionnettes qui, même
manipulées par des gens différents, gardent les mêmes caractéristiques comme si
elles avaient une vie propre... Mais ça, je préfère ne pas y penser
 !”.
Porté par deux jeunes interprètes, le spectacle opère une plaisante mise en abime où
le pantin fabriqué en direct se met aussitôt à l’ouvrage pour créer une autre
marionnette qui à peine façonnée se rebelle aussitôt. Ainsi la lutte
marionnette/marionnettiste se fait-elle par marionnette interposée… comme si les
objets de l’atelier se trouvaient finalement animés d’une vie propre. C’est à celui
prendra le dessus. Le ton est franchement drôle.


Radicalement différent est Soleil couchant (à Châtenay-Malabry), solo intimiste porté par Alain Moreau lui-même qui prête bras et jambes à la grande marionnette Jean, personnage emblématique du Tof que l’on a déjà vu dans Bistouri et dans les Bénévoles.
Autant l’énergie du premier est explosive, autant ce spectacle-ci est tout en nuances
et en gestes contenus. Il ne s’y passe presque rien si ce n’est le temps qui s’écoule,
la vie qui passe, qui est passée… Assis sur une dune de sable, un vieil homme au
réalisme confondant regarde au loin, ou à ses pieds. Il enlève une poussière
invisible sur son pantalon, laisse couler lentement du sable entre ses doigts, se sert
un verre de bière : autant de gestes du quotidien effectués avec la lenteur et la
fragilité coutumières des vieilles personnes et qui, pris dans la lumière du plateau,
acquièrent une force crépusculaire. Un théâtre de la présence qui s’appuie sur
l’incroyable travail d’acteur d’Alain Moreau qui a su trouver le corps d’un vieil
homme. Le poids qu’il met à chaque gestes, la distance exacte à laquelle il se tient
avec, dans et derrière la marionnette, tout cela fascine et serre le cœur. À
Châtenay-Malabry, Soleil couchant est présenté avec Go, virtuose solo de Polina Borisova qui, elle aussi, explore le corps vieillissant.

Maïa Bouteillet