› Châtillon

Le jour où le penseur de Rodin s’est transformé en gomme

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mardi 3 mars à 20h30 | Théâtre de Châtillon

Avec des crayons-cactus, des gommes-statues et des stylos-crottes, le spectacle retrace l’enquête que les jeunes artistes des Beaux Arts, Alice Lescanne et Sonia Derzypolski, ont menée au sujet de ces objets. Outre leur coté ludiques, ils ont été choisis pour ce que leur accumulation a à offrir au monde qui nous entoure comme des accessoires de la pensée dont la fonction est de transcrire des idées et des conceptions du monde. Et si ces instruments produits en Chine et massivement exportés en Occident, nous adressaient un message de reconfiguration de notre rapport aux autres ?


« Au cas où la connexion télépathique, entre elles, viendrait à manquer de réseau, Alice Lescanne et Sonia Derzypolski se sont créé un cerveau virtuel commun. La Dropbox qu’elles partagent n’est pas un espace de stockage, mais une pensée en laboratoire. Un organisme vivant, omnivore et particulièrement vorace. » Aïnhoa Jean-Calmettes, Mouvement


réservation en ligne


idée, texte, dispositif et scénographie aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaadderrzzyyppoollsskkii
interprétation Renan Carteaux, Sonia Derzypolski, Alice Lescanne
création lumière et régie générale Julien Pichard
création son et régie vidéo Julien Malfilatre
regards extérieurs Julien Fournet, Marie Fortuit
accessoires Audrey Veyrac, aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaadderrzzyyppoollsskkii

durée 1h20

production déléguée Le CENTQUATRE-Paris
coproduction Le Vivat, scène conventionnée danse et théâtre, Armentières ; aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaadderrzzyyppoollsskkii ; PSL-SACRe (Paris Sciences et Lettres), ENSBA.
soutiens Palais de Tokyo – GALLERIA CONTINUA, San Gimignano/Beijing/Les Moulins/Habana.

Ce spectacle bénéficie d’une aide à la création du ministère de la culture, Drac Île-de-France.

À vue - magie performative [création]

cie 32 novembre

vendredi 6 mars à 19h30 | Théâtre de Châtillon

BIEN JOUÉ

Débarrassé de son traditionnel fatras, la magie apparaît ici dans son plus simple appareil… pour mieux nous manipuler.
Bluffant ! Dans À Vue tout est montré et pourtant, on ne voit rien. Avec la compagnie 32 novembre, la magie quitte l’univers du cabaret vieillot pour rejoindre celui du cirque contemporain. Foin de cape, de gants et de rideau rouge, les interprètes sont vêtus comme à la ville et la scène est en palettes.
Jérôme Helfenstein et Maxime Delforges vont même jusqu’à déballer, en guise d’introduction, tous les objets qui leur serviront dans l’heure qui suit. Rien d’extraordinaire : des planches, des tréteaux, des bouteilles en verre, de la bâche et du film plastique… Le genre de bric-à-brac que n’importe qui entasse dans son garage. Un amas d’objets qui trône au beau milieu de la scène et brille tel une sculpture, bien avant qu’À Vue ne démarre. L’ordinaire mystifié !
De ce tas, Jérôme et Maxime, piliers jumeaux de la compagnie et principaux protagonistes du show — les seuls vêtus de couleur —, prélèvent chaque objet qui se trouve aussitôt jaugé, soupesé et passé de main en main avant d’être mis de côté. Pas de double fond, pas d’entourloupe.
Autour, ils sont quatre acolytes vêtus de noir à se fondre dans la coulisse pour changer un accessoire, ou au contraire, participer, tels d’authentiques partenaires de jeux. Pas de charmante assistante ici, hommes et femmes sont à la même enseigne.
Comment briser une bouteille en tapant sur son ombre ? Comment maintenir des corps en suspension ? Comment s’échapper d’une caisse fermée alors qu’on est ligoté et suspendu au-dessus du sol ? Ce faisant ils créent des images fortes. L’illusion est totale. Jérôme Helfenstein et Maxime Delforges n’en rajoutent pas dans les effets de manche, au contraire, les regards sont droits, les corps impliqués, les gestes précis. La mise en place fait autant spectacle que le numéro lui-même. La manipulation est totale.
Y a forcément un truc.

Maïa Bouteillet


La compagnie 32 novembre exprime pleinement son art, la magie, comme une fin et non comme un effet spécial. Tout est à vue ; objets, humains, régies du son et de la lumière. Tels des alchimistes, elle affirme sa singularité expérimentale et magique via des objets anodins issus du tout-venant. Le corps est mis à l’épreuve dans un engagement total et un rapport direct à la magie. Sans artifices, l’engagement corporel flirte avec l’étrange. Il sème le doute dans les esprits, provoque réaction et émotion.


réservation en ligne



interprétation, conception, écriture Maxime Delforges et Jérôme Helfenstein
co-écriture Fabien Palin
création sonore Marc Arrigoni
création lumière Samaël Steiner
création costumes Sigolène Petey
techniciens complices Marc Arrigoni, Marianne Carriau, Gaspard Mouillot et Aude Soyer
production et diffusion Geneviève Clavelin
production et administration Pauline Horteur

durée 1h10

coproduction Bonlieu, Scène Nationale d’Annecy, Les Subsistances, Théatre du Vellein – Villefontaine, Théâtre des Collines, Esplanade du Lac de Divonne Les Bains, Centre culturel du Parmelan – Annecy
compagnie soutenue par Groupe des 20, Auvergne Rhône-Alpes, Région Auvergne Rhône-Alpes Aide aux équipes artistiques DRAC région Auvergne Rhône-Alpes
aide à la création Groupe des 20, Auvergne Rhône-Alpes, Région Auvergne Rhône-Alpes Aide aux équipes artistiques DRAC région Auvergne Rhône-Alpes – Aide à la création Ville d’Annecy – Soutien à la création, Conseil Départemental Haute Savoie – Dispositif résidence association DGCA – Ministère de la Culture


Salut public [création pour les 20 ans de MARTO !]

aalliicceelleessccaannnnee& ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii | en collaboration avec Samuel Beck

vendredi 6 mars à 18h30 & 21h | Théâtre de Châtillon

images, son et vidéo Maïa Bouteillet montage Elsa Quinette

LE CAS GUIGNOL

Invité à créer une forme courte pour les 20 ans du Festival MARTO !, le duo Alice & Sonia propose un retour aux fondamentaux. Malicieux !

Guignol, donc ; l’illustre nom est lâché. Comme un pied de nez aux théâtres commanditaires qui s’échinent depuis 20 ans à convaincre le public, que : non, la marionnette ce n’est pas que pour les enfants. En fait, Guignol, quand il est né, en 1808, au lendemain de la Révolution, comme Alice et Sonia se chargent de nous le rappeler, n’était pas non plus destiné à faire rire les enfants.
Ici, le castelet est une sorte de plateau télé — il y a même la plante verte — et le ton, celui de la vraie fausse conférence.
A l’ordre du jour, les questionnements de l’association Public vigilant autour du patrimoine marionnettique. Bref, un décryptage de la figure de Guignol, à l’appui d’extraits vidéo, d’une pseudo experte en psychiatrie censée analyser la violence inhérente aux aventures du pantin lyonnais et de scènes d’anthologie jouées en direct par un authentique marionnettiste. Samuel Beck, un pro de la gaine passé par le Théâtre aux Mains Nues (où le spectacle a d’ailleurs été répété) et par l’École nationale supérieure des arts de la marionnette de Charleville Mézières, qui, tout en servant le propos très pince-sans-rire de ses comparses, offre quelques passages de Guignol très joliment tournés.

Alice et Sonia nous suggèrent-elle que le public serait passé du côté du gendarme ? L’ancienne icône Guignol est désormais montré comme un personnage dangereux, une forte tête, corruptrice de la jeunesse, « un pervers narcissique ». D’ailleurs Public vigilant (dont le logo à l’œil bien ouvert n’est pas sans rappeler celui de Voisins vigilants) nous alerte : « les enfants exposés trop longtemps aux spectacles de Guignol encourent des risques ».
En quoi cette fameuse marionnette-ci (la marionnette en générale) est-elle tellement subversive ? En endossant les habits de la société répressive, guillotine à l’appui et ton sentencieux, les deux artistes questionnent aussi nos dérives contemporaines. Le final, où Guignol serait soluble dans le gendarme et inversement, en donne toute la mesure.

Les deux jeunes femmes, qui se sont rencontrées aux Beaux Arts de Paris, et œuvrent ensemble depuis 2010 entre arts visuels et arts vivants, entretiennent un rapport clairement politique à la représentation mais toujours assez décalé, bien que clairement annoncé dans des titres littéralement programmatiques.

Maïa Bouteillet


Comment fêter 20 ans de marionnettes sans inviter Guignol ? Certes, il est insupportable, sa présence suffisant à hystériser un public d’enfants. Certes, il est également violent, son principal hobby consistant à humilier le Gendarme, à l’aide de son fidèle bâton. Cela suffirait largement à justifier son incarcération…
ou son internement. Mais à l’âge de 212 ans, Guignol a gagné en maturité, et il est donc prêt à faire son propre bilan, calmement. De la Révolution française à La Reine des neiges, en passant par l’histoire de la psychiatrie et Le Gendarme à Saint-Tropez, il sera enfin possible pour le public (adulte) de découvrir la véritable histoire de ce personnage mythique et, qui sait ? D’en tomber littéralement amoureux.


Tournée MARTO !

6 MARS THÉÂTRE DE CHÂTILLON | SAM 18H30 & 21H
11 MARS UNIVERSITÉ PARIS NANTERRE | MER 12H30 & 14H
13 MARS EN PARTENARIAT AVEC LA PADAF (PLATEFORME DES ACTEURS DE DEMAIN), UN SITE DE PLATEAU URBAIN | ANTONY
14 MARS LA SUPÉRETTE / MAISON DES ARTS – CENTRE D’ART CONTEMPORAIN | MALAKOFF | SAM 15H & 17H
› entrée libre sur réservation auprès des théâtres



idée originale et texte aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii
interprétation et mise en scène Samuel Beck, Sonia Derzypolski, Alice Lescanne
décor, marionnettes et accessoires Pauline Kocher et Romain Landat
regards extérieurs Renan Carteaux, Simon Delattre

Durée indicative 45 min

production festival MARTO ! et Théâtre de Châtillon