À vue - magie performative [création]

cie 32 novembre

vendredi 6 mars à 19h30 | Théâtre de Châtillon

BIEN JOUÉ

Débarrassé de son traditionnel fatras, la magie apparaît ici dans son plus simple appareil… pour mieux nous manipuler.
Bluffant ! Dans À Vue tout est montré et pourtant, on ne voit rien. Avec la compagnie 32 novembre, la magie quitte l’univers du cabaret vieillot pour rejoindre celui du cirque contemporain. Foin de cape, de gants et de rideau rouge, les interprètes sont vêtus comme à la ville et la scène est en palettes.
Jérôme Helfenstein et Maxime Delforges vont même jusqu’à déballer, en guise d’introduction, tous les objets qui leur serviront dans l’heure qui suit. Rien d’extraordinaire : des planches, des tréteaux, des bouteilles en verre, de la bâche et du film plastique… Le genre de bric-à-brac que n’importe qui entasse dans son garage. Un amas d’objets qui trône au beau milieu de la scène et brille tel une sculpture, bien avant qu’À Vue ne démarre. L’ordinaire mystifié !
De ce tas, Jérôme et Maxime, piliers jumeaux de la compagnie et principaux protagonistes du show — les seuls vêtus de couleur —, prélèvent chaque objet qui se trouve aussitôt jaugé, soupesé et passé de main en main avant d’être mis de côté. Pas de double fond, pas d’entourloupe.
Autour, ils sont quatre acolytes vêtus de noir à se fondre dans la coulisse pour changer un accessoire, ou au contraire, participer, tels d’authentiques partenaires de jeux. Pas de charmante assistante ici, hommes et femmes sont à la même enseigne.
Comment briser une bouteille en tapant sur son ombre ? Comment maintenir des corps en suspension ? Comment s’échapper d’une caisse fermée alors qu’on est ligoté et suspendu au-dessus du sol ? Ce faisant ils créent des images fortes. L’illusion est totale. Jérôme Helfenstein et Maxime Delforges n’en rajoutent pas dans les effets de manche, au contraire, les regards sont droits, les corps impliqués, les gestes précis. La mise en place fait autant spectacle que le numéro lui-même. La manipulation est totale.
Y a forcément un truc.

Maïa Bouteillet


La compagnie 32 novembre exprime pleinement son art, la magie, comme une fin et non comme un effet spécial. Tout est à vue ; objets, humains, régies du son et de la lumière. Tels des alchimistes, elle affirme sa singularité expérimentale et magique via des objets anodins issus du tout-venant. Le corps est mis à l’épreuve dans un engagement total et un rapport direct à la magie. Sans artifices, l’engagement corporel flirte avec l’étrange. Il sème le doute dans les esprits, provoque réaction et émotion.


réservation en ligne



interprétation, conception, écriture Maxime Delforges et Jérôme Helfenstein
co-écriture Fabien Palin
création sonore Marc Arrigoni
création lumière Samaël Steiner
création costumes Sigolène Petey
techniciens complices Marc Arrigoni, Marianne Carriau, Gaspard Mouillot et Aude Soyer
production et diffusion Geneviève Clavelin
production et administration Pauline Horteur

durée 1h10

coproduction Bonlieu, Scène Nationale d’Annecy, Les Subsistances, Théatre du Vellein – Villefontaine, Théâtre des Collines, Esplanade du Lac de Divonne Les Bains, Centre culturel du Parmelan – Annecy
compagnie soutenue par Groupe des 20, Auvergne Rhône-Alpes, Région Auvergne Rhône-Alpes Aide aux équipes artistiques DRAC région Auvergne Rhône-Alpes
aide à la création Groupe des 20, Auvergne Rhône-Alpes, Région Auvergne Rhône-Alpes Aide aux équipes artistiques DRAC région Auvergne Rhône-Alpes – Aide à la création Ville d’Annecy – Soutien à la création, Conseil Départemental Haute Savoie – Dispositif résidence association DGCA – Ministère de la Culture