Le cadeau des Anges

Le Bal marionnettique

8 & 14 mars | Clamart et Malakoff

Pratiquement nés au festival il y a 20 ans, Les Anges au Plafond font tourbillonner cette édition anniversaire avec un bal marionnettique inédit.

Les Anges et MARTO !, c’est une longue histoire. C’est même là, lors de la première édition, que Camille Trouvé, alors toute jeune marionnettiste au sein de la compagnie Les Chiffonnières, a rencontré Brice Berthoud, lui même acteur chez Flash marionnettes. Depuis, couvés par le Théâtre 71 de Malakoff, ces deux là ont présenté la plupart de leurs spectacles au festival. C’est donc assez naturellement que le collectif s’est tourné vers eux pour inventer l’événement de la vingtième édition.
À cette carte blanche, ils ont répondu par un projet un peu fou, jamais expérimenté auparavant, celui d’envoyer valdinguer gaiement le 4e mur pour faire danser ensemble spectateurs et marionnettes dans un joyeux grand bal aux sonorités latines. Projet immersif donc, qui a y regarder de plus près, n’arrive pas par hasard. Que l’on se souvienne d’Au fil d’Œdipe ou Des mains de Camille avec leurs gradins incluant le public dans l’espace scénique. Voilà un moment que les Anges cherchent à changer le rapport scène salle. Au bal donc, il n’y aura plus ni spectateurs ni acteurs ni marionnettes, ni pros ni amateurs mais, on l’espère, une foule dansante et heureuse de danser.
Qui dit bal dit musiciens, dit costumes, dit danseurs… Depuis l’automne, la Fabrique des Arts, annexe du Théâtre 71, accueille une véritable ruche pour fabriquer les marionnettes, les costumes, les masques, les musiques et les danseurs. Une quarantaine de petites mains — étudiants en arts, artistes complices, stagiaires, etc… — sont venues prêter main forte à l’équipe de Camille Trouvé, Brice Berthoud et Jonas Coutancier, devenu lui aussi, au fil des ans et des projets, un ange de premier plan. A leurs côtés aussi, la marionnettiste israélienne Yael Rasooly (La Maison près du lac, c’est elle) qui pour l’occasion se fait chanteuse aux inspirations argentines, avec l’Ensemble 2e2m dirigé par Fernando Fiszbein.
Inspiré tout à la fois du carnaval, du tango argentin, du culte des morts au Mexique et de sa figure tutélaire, Frida Kahlo, ce bal implique le public dès sa préparation car dans la foule des danseurs il y aura des « barons », formés lors de masterclasses,. Ces compères en connivence avec les artistes seront chargés d’entraîner la foule sur le dancefloor. « Si vous ne savez pas, les marionnettes, elles, savent » leur a répété Camille tout au long des séances de préparation où l’on a vu des ados, des plus âgés, des hommes, des femmes, de toutes provenances, de toutes corpulences, faire les sauvages sous d’incroyables masques façonnés par les artistes de la Briche foraine et se lâcher, parés d’ailes ou de becs colorés, dans des parades amoureuses alors qu’ils ne se connaissaient pas l’instant d’avant. Une initiation collée serrée à la marionnettes et à la danse dans le même élan, mais surtout beaucoup de plaisir.
Gageons que ce bal endiablé fera des émules !
Maïa Bouteillet